Dynamique cérébrale de la reconnaissance des expressions faciales

par Pierre Krolak-Salmon

Thèse de doctorat en Neurophysiologie

Sous la direction de Olivier Bertrand et de François Mauguière.

Soutenue en 2004

à Lyon 1 .


  • Résumé

    La neuropsychologie et l'imagerie fonctionnelle ont montré que la reconnaissance des expressions faciales, message émotionnel à grande valeur sociale, implique de vastes réseaux neuronaux dans le cerveau humain. Les structures corticales et sous-corticales impliquées diffèrent selon la nature de l'émotion véhiculée par le visage. Ainsi, l'amygdale participe au traitement des émotions aversives comme la peur et la colère alors que l'insula est particulièrement impliquée dans la reconnaissance du dégoût. Le cortex orbito-frontal, participant également à la reconnaissance des expressions faciales, serait déterminant dans l'interprétation des stimuli émotionnels dans un contexte social déterminé. Or les moments d'implication de ces différentes structures, les éventuelles séquences d'activation voire l'identification de périodes d'interaction potentielles entre les éléments de ces vastes réseaux neuronaux sont très mal connus. L'électrophysiologie dont la résolution temporelle reste inégalée et dont la résolution spatiale progresse représente un outil indispensable pour étudier ces questions. Nous avons ainsi recueilli, grâce à des enregistrements de scalp dans une population de sujets sains et grâce à des enregistrements intracérébraux chez 25 patients épileptiques pharmaco-résistants, des potentiels évoqués par des visages exprimant différentes émotions. Les enregistrements de scalp ont mis en évidence une activité spécifique des expressions émotionnelles dans la région occipito-temporale droite débutant 250 ms après le début du stimulus. Ces activités se poursuivaient tardivement dans les régions occipitales et temporales droites. Les enregistrements intra-cérébraux ont permis d'objectiver des réponses spécifiques au dégoût dans l'insula ventrale antérieure après 300 ms et des réponses spécifiques à la peur dans l'amygdale après 200 ms, soit 100 ms plus tôt que les réponses au dégoût dans l'insula. Des réponses spécifiques à différentes expressions faciales étaient ensuite enregistrées de façon prolongée dans les aires visuelles extra-striées, le cortex temporal externe (complexe STS/GTM), et le cortex orbito-frontal. Chez une patiente implantée dans l'aire motrice supplémentaire, des réponses à la joie étaient évoquées dès 150 ms. Les stimulations électriques des contacts ayant recueilli ces réponses provoquaient systématiquement sourire puis une sensation de gaieté chez cette patiente. L'ensemble de ces résultats confirme l'implication de réseaux spécifiques dans la reconnaissance des expressions faciales, suggère une hiérarchie temporelle dans le traitement de ces stimuli émotionnels, et montre une implication extrêmement soutenue dans le temps des principales structures déterminantes pour cette fonction. Cette chronologie d'activation est compatible avec l'existence de vastes périodes d'interactions entre les aires corticales postérieures impliquées dans la perception et les régions limbiques et paralimbiques permettant la reconnaissance des expressions faciales et l'adaptation au contexte social


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Informations

  • Détails : 1 vol. (235 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 440 réf. bibliogr.

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Claude Bernard (Villeurbanne, Rhône). Service commun de la documentation. BU Sciences.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T50/210/2004/125bis

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  • Bibliothèque : Université de Lille. Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de Sciences Humaines et Sociales.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2004LYO10179
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