Les femmes alpinistes au Club Alpin Français (1874-1919) : un genre de compromis
| Auteur / Autrice : | Cécile Ottogalli-Mazzacavallo |
| Direction : | Thierry Terret |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences et techniques des activités physiques et sportives |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Chambéry |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Le 2 avril 1874, avec la naissance du Club Alpin Français, l'institutionnalisation de l'alpinisme commence et sonne le début des ''conquérants de l'inutile''. Cette histoire, présentée comme universelle se conjugue-t-elle au féminin? Existe-t-il des ''conquérantes de l'inutile'' ? A partir des publications officielles du CAF, d'archives publiques et privées et de la presse sportive et féministe, ce travail questionne la spécificité de l'alpinisme féminin et permet de montrer les effets du genre. Ainsi, la masculinité de l'activité, les femmes sont non seulement intégrées au sein du CAF dès sa création mais en régulière progression entre 1874 et 1919. Leur investissement est cependant circonscrit dans une définition normative de l'excursionnisme féminin conforme aux représentations de la féminité de l'époque. Mais avec modération et sens du compromis, elles parviennent progressivement à sortir de ce modèle pour découvrir de nouveaux espaces et de nouvelles difficultés. Elles revendiquent et conquièrent de nouveaux droits mais sans jamais remettre en cause les hiérarchies entre les sexes et la spécificité de l'identité féminine. Ainsi, elles participent aux mutations de l'identité féminine vers une définition plus dynamique, plus instruite et plus libre. Malgré ces mutations, les plus conquérantes sont cependant toujours exclues de l'excellence alpine, nommé le sans-guide caractérisé par la prise de commandement, la tête de la cordée. Grâce à cette soumission à la domination masculine, les femmes alpinistes sont tolérées et initiées par les hommes et l'institution alpine. Le CAF participe à la construction d'une nouvelle femme cultivée, forte et vaillante, dévouée au service de la patrie mais soumise aux règles du genre. En donnant la parole ou le droit de vote aux femmes, en organisant l'instruction alpine des jeunes filles, il est foncièrement avant-gardiste par rapport aux autres associations sportives et participe à ce qu'il nomme le ''sain féminisme''