Thèse soutenue

Développement de modèles animaux pour l'étude des agents infectieux hépatotropes viraux

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Auteur / Autrice : Serban-Zaharia Morosan
Direction : Françoise Lunel-FabianiMihai Carp-Carare
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Microbiologie
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Angers
Jury : Rapporteurs / Rapporteuses : Hélène Gilgenkrantz

Résumé

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La repopulation du foie par avantage sélectif des hépatocytes humains réimplantés sur les hépatocytes résidents, ouvre d'incontestables possibilités pour l'étude des agents infectieux à tropisme hépatique capable d'infecter uniquement les hépatocytes humains. L'obtention d'un modèle murin permettrait donc de mieux comprendre les mécanismes d'infection et de réplication par le VHC, le VHB et le Plasmodium falciparum afin de mieux appréhender leur potentiel pathogénique et de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques. L'objectif de mon travail a été de reproduire le modèle murin de régénération hépatique (Alb-uPA/SCID) et d'améliorer ce modèle en diminuant le rejet de la greffe. Pour cela les souris ont été traitées afin de diminuer l'activité des macrophages et des cellules NK. Une amélioration du maintien et de la survie des hépatocytes humains transplantés chez les souris traitées a été constatée par une augmentation significative de la sécrétion de l'albumine et de l'alpha 1 anti-trypsine humaine ainsi que du nombre de foyers d'hépatocytes humains. De plus, le niveau de la différenciation hépatocytaire a été confirmé par la susceptibilité des hépatocytes humains à l'infection par le Plasmodium falciparum. Nous avons pu valider un nouveau protocole, ex vivo, de transfert de gènes dans des hépatocytes humains à l'aide d'un vecteur FLAP-ADN lentiviral. Le repeuplement du foie de souris Alb-uPA/SCID par les hépatocytes génétiquement modifiés à l'aide d'une technique de transduction ex vivo des hépatocytes en suspension est un point très important qui soutien l'idée de thérapie génique du foie. Ce protocole peut être appliqué dans les différentes pathologies du foie : hémophilies A et B, maladie de Pompe, maladie de Tay-Sachs… Hélène Strick-Marchand et coll. Ont isolé et caractérisé in vitro plusieurs lignées hépatiques embryonnaires [cellules nommées BMEL (« bipotential mouse embryonic liver »)] à partir de souris sauvages de fond génétique différent. Ces lignées sont composées de cellules bipotentielles, ayant la capacité de se différencier en hépatocytes ou en cholangiocytes après induction. Dans les conditions expérimentales testées, les cellules BMEL-GFP participent à la régénération hépatique chez la souris Alb-UPA/SCID. De plus, nos résultats démontrent que des lignées cellulaires non-transformantes sont capables in vivo de se différencier en hépatocytes et en cellules biliaires. Les hépatocytes en culture permettent des études de pharmacotoxicité mais la disparition précoce du cytochrome P450 et de certains enzymes du métabolisme limite l'utilisation des hépatocytes humains cultivé in vitro. Il n'existe pas actuellement de système pouvant reproduire le métabolisme hépatique in vivo. La détection (par RT-PCR en temps réel) de plusieurs sous-familles de cytochromes P-450 chez la souris avec un « foie humanisé » démontre que les hépatocytes humains ainsi transplantés ne perdent pas les facultés de synthèse des nouveaux enzymes hépatiques, en particulier des enzymes du cytochrome P450. De ce fait, l'obtention, le maintien et la multiplication d'hépatocytes humains constituent un enjeu stratégique important pour l'étude de l'hépatotoxicité des médicaments in vivo.