Pour un concile africain : Genèse, analyse et réception de l'exhortation post-synodale ''Ecclesia in Africa''
| Auteur / Autrice : | Augustin Dzifa Otchokpo |
| Direction : | Michel Deneken |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Théologie catholique |
| Date : | Soutenance en 2003 |
| Etablissement(s) : | Université Marc Bloch (Strasbourg) (1971-2008) |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : Université Marc Bloch (Strasbourg ; 1971-2008). Faculté de théologie catholique |
Mots clés
Résumé
Convoqué le 6 janvier 1989 par Jean-Paul II, le synode africain s'est déroulé à Rome du 10 avril au 8 mai 1994. Voilà, peut-on dire, un événement de grande ampleur pour l'Afrique, ''un travail collégial intense et prolongé'', selon le mot du pape. Mais l'on sait que c'est à l'issue d'une longue tractation et au milieu de voix parfois discordantes que ce synode s'est tenu à Rome. En effet, l'histoire de l'évangélisation qui allait de concert avec la colonisation avait crée la ''théorie des 3 C : coloniser, civiliser, christianiser''. L''émergence des élites africaines a donné naissance au courant bien connu de la Négritude crée en 1930. D'autre part l'émancipation du clergé autochtone se fit remarquer dans un livre emblématique publié en 1956 sous le titre ''Des prêtres noirs s'interrogent''. La création de la SAC (Société africaine de Culture) peu avant le Concile Vatican II, restera la source de nouvelles impulsions où se sont retrouvés des hommes de culture, toutes religions confondues. Même si l'épiscopat africain convoqué au Concile n'a pas su collaborer efficacement avec la SAC, sa contribution fut considérable à Vatican II au plan organisationnel. Malgré tout l'influence de la SAC a soutenu la prise de conscience des évêques d'Afrique conquis en majorité à l'idée d'un Concile Africain pour raviver l'évangélisation en Afrique. La réticence motivée de la curie romaine à cette idée aboutit à la tenue du synode à Rome. Une analyse de la réception de l'événement synodal et d'''Ecclesia in Africa'' à l'aide d'une grille très éclairante, fait le constat suivant : depuis ''Des prêtres noirs s'interrogent'' jusqu'au synode africain en passant par Vatican II, des questions légitimes posées à l'Afrique chrétienne restent encore sans réponses. L'exigence d'un concile africain s'impose alors et repose sur trois arguments fondamentaux : 1)redécouvrir les traditions conciliaires dans l'Eglise ; 2)la contextualité qui en appelle à, 3)la mission dans l'Eglise à l'instar des processions trinitaires, base de la notion chrétienne d'appropriation. Le dynamisme de Vatican II étant inépuisable, l'on peut soutenir que la tenue d'un concile africain est le propre des évêques africains et que cela n'entrave en rien l'unité et la communion ecclésiales. Il suffit de réaffirmer que l'Eglise est l'image de la Trinité.