Thèse soutenue

Caractéristiques électrophysiologiques et morphologiques des neurones du cortex préfrontal et influence synaptique de l'hippocampe sur ces neurones chez le rat in vivo

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Eric Dégenètais
Direction : Yves Gioanni
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences biologiques
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris 11

Résumé

FR  |  
EN

Le cortex préfrontal (CPF) et l'hippocampe sont tous deux impliqués dans les processus mnésiques et motivationnels. Or une voie glutamatergique directe issue de l'hippocampe innerve le CPF médian. Notre étude a eu pour objectif de caractériser l'influence synaptique de l'hippocampe sur les neurones du CPF. Ce travail a été réalisé chez le rat anesthésié avec une double approche électrophysiologique et morphologique. Tout d'abord, les cellules pyramidales ont été étudiées à l'aide d'enregistrements intracellulaires et marquées par injection de neurobiotine. Trois grandes classes de cellules pyramidales ont été identifiées: les "regular spiking", à décharge régulière, les "intrinsic bursting", à décharge en bouffées avec inactivation des potentiels d'action, et les "non-inactivating bursting" à décharge en bouffées sans inactivation des potentiels d'action. Dans un second temps, nous avons montré que la stimulation de l'hippocampe induit, dans la majorité des cellules pyramidales du CPF, un PPSE monosynaptique suivi d'une longue hyperpolarisation vraisemblablement due à l'activation des interneurones GABAergiques. Une plasticité à court terme de ces réponses est observée lors de stimulations en double choc. Enfin, la stimulation tétanique de l'hippocampe induit une LTP du PPSE qui pourrait participer à la formation et à la consolidation de certaines traces mnésiques. Enfin, nous avons analysé les réponses des interneurones du CPF à l'aide d'enregistrements extracellulaires couplés à l'injection juxtacellulaire de neurobiotine. La stimulation de l'hippocampe induit une réponse excitatrice monosynaptique dans la plupart des interneurones, indiquant que le PPSI observé dans les cellules pyramidales résulte en grande partie d'un processus de "feedforward". Nos travaux montrent que la voie hippocampe-CPF exerce une influence synaptique majeure sur le réseau neuronal du cortex préfrontal, soulignant l'existence d'une coopération fonctionnelle entre l'hippocampe et le CPF.