Thèse soutenue

Bossuet et Saint Augustin d'après les Oeuvres oratoires

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Auteur / Autrice : David Dupire
Direction : Gérard Ferreyrolles
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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Sonder l'augustinisme de Bossuet en chaire, c'est d'abord déterminer l'influence, chez lui, des idées oratoires du de Doctrina christiana. Pour exprimer la Vérité révélée, l'éloquence des Anciens ne suffit plus. Pour convertir l'auditeur, l'effort du philosophe cède la première place, par la prière, à la Sagesse en personne, seul objet délectable, qui éclaire la Bible - les " lieux " ne relèvent plus du vraisemblable - et fait sa servante de la beauté cicéronienne, jusqu'à parfois en sacrifier la pureté. Bossuet reçoit cette réflexion, qui fonde l'humanisme tridentin, mettant l'accent sur la véhémence et imitant à l'occasion le prédicateur d'Hippone - qui recommande de s'imprégner des auteurs inspirés -, mais oscillant entre primitivisme et néo-cicéronisme. La culture rencontre l'Indicible : il faut parler d'un dialogue entre la créature et son Sauveur. On passe à la théorie augustinienne de la Justification. Bossuet offre d'y découvrir, d'abord, que le fils exilé d'Adam, pleinement responsable, peut, ne serait-ce que par son libre arbitre, resté intact, persévérer à combattre les convoitises, qui cherchent le Repos où il n'est pas. Or, la corruption de son agir est telle que pour réaliser les dons ordinaires il faut la grâce efficace, qui, parce qu'elle est délectable, motive infailliblement un acquiescement vrai, et qui suppose la prédestination de quelques-uns - qui ne pousse pas aux péchés ni n'empêche l'universelle Rédemption. La crainte n'a donc pas le dernier mot. Qui décide d'implorer ne perdra pas sa récompense : la Gratuité précède le moindre mérite et ne Se refuse rien. D'autres secours se succéderont, à moins d'un refus. L'être persévérera, signe qu'un jour la suprême grâce l'aura rejoint, qu'il est un élu. Bossuet et son maître s'arrêtent là : les libertés divine et humaine se rejoignent au-delà du langage.