Thèse soutenue

Otoku Nehan Zu ou les miroirs d'un paysage cosmique daté 1086. : Essai d'interprétation d'un chef-d'œuvre de la peinture japonaise de l'époque de Heian

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Auteur / Autrice : Laure Schwartz-Arenales
Direction : Flora Blanchon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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Le sujet de cette étude est consacré à la célèbre peinture représentant un nehan (skt. Nirvâna) de l'époque de Heian (794-1185) connu sous le nom d'Ôtoku-nehan-zu en raison de son inscription le datant de l'ère correspondante (an III, ère Ôtoku : 1086). A partir des nombreux travaux japonais dont a fait l'objet, nous nous proposerons d'abord une mise à jour des problématiques d'ordre iconographique, stylistique, technique et historique, en nous efforçant de souligner ses caractéristiques principales qui font d'elle à la fois un des témoignages les plus représentants de l'art du onzième siècle, mais aussi une œuvre unique au sein de l'art bouddhique. Considérant ces traits d'exception, nous en viendrons à rechercher son auteur éventuel, non parmi les peintres bouddhique (e-bushi), mais parmi ceux relevant de la cour (e-shi), évoluant auteur de l'empereur shirakawa. En étudiant le paysage représenté au sein de l'œuvre, nous développerons une approche nouvelle relative à la présence d'un motif représentant des écailles de tortue (jap. Kikkô) tracé sur l'un des quatre arbres sala sôju de la peinture. En liant ce dernier à l'image symbolique de la tortue ; principalement associée dans la cosmologie chinoise à la direction septentrionale, nous valorisons certaines caractéristiques de cet espace pictural, sémantique, orienté et pluriel. Enfin, afin de conforter cette interprétation, nous comparerons successivement l'espace pictural à celui du palais, du jardin, de la tombe, au décor des reliquaires puis, à travers les " mandalas des étoiles " en particulier, à la cartes du ciel et ses constellations. Nous nous interrogerons sur l'existence au sein de l'œuvre de référence issues de la pensée de l'Onmyô-dô qui, mêlées aux croyances astrologiques et bouddhiques, connurent une très large faveur, à cette époque rythmant le calendrier du palais, de ces rites et de ces interdits, s'immisçant dans tous les domaines de la culture et de la société.