Thèse soutenue

Les Etats du Maghreb et la Turquie en recherche de modernité : Approche des évolutions en termes de démocratie représentative pluraliste, d'état de droit et droits de l'homme

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Ludivine Delsenne
Direction : Olivier Pirotte
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Lille 2

Mots clés

FR

Mots clés contrôlés

Résumé

FR  |  
EN

La modernité, pierre angulaire des problèmes dominants en terre d'Islam, est souvent réduite à une dialectique de confrontation abusivement limitée au dialogue heurté entre une civilisation archai͏̈que et un Occident moderne, tendant à reproduire le conflit ancien entre les deux religions du livre. Notre propos est de rendre compte de la complexité des rapports de l'Islam à la modernité, à la lumière des expériences de la Turquie et des Etats du Maghreb dans leur adaptation à un environnement juridique international en constante effervescence. Une tension permanente entre le modèle juridique occidental, souvent perçu comme néo-colonial mais réputé universel, et le respect de la spécificité culturelle musulmane a marqué la construction nationale et étatique des Etats étudiés. Il en est résulté une ambivalence des textes entre l'adoption du constitutionnalisme occidental et le maintien des références à l'Islam, provoquant une certaine ambigui͏̈té juridique de l'Etat. De la question des rapports constitutionnels entre Etat et Islam, découle celle de la lai͏̈cité comme modèle de modernité adopté par la Turquie et dans une certaine mesure par la Tunisie, qui reste toutefois durablement posée pour l'Algérie et le Maroc. En outre, les tentatives de rapprochement entre les blocs culturels, notamment entre l'Europe et la Méditerranée, conduisent à une imprégnation progressive et irréversible des systèmes de droit nationaux par l'ordre juridique international conçu comme un système de normes positives mais aussi comme une vision juridique du monde visant à imposer la construction de l'Etat de droit comme inéluctable. Il en résulte, pour les Etats étudiés, une tension dynamique entre la volonté de préserver leur identité juridique et celle d'introduire les paramètres caractéristiques de l'Etat de droit. Mais, jusqu'à présent, cette transposition demeure formelle. Au cœur du questionnement, les droits de l'homme et notamment les droits de la femme apparaissent comme le dernier bastion de résistance de l'évolution complète des Etats étudiés vers la modernité.