Thèse soutenue

"C'est la langue qui fait la patrie" : concept de la langue et pensée nationale en France et en Allemagne (1871-1914)

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Auteur / Autrice : Dorothea Hoehtker
Direction : Michael Werner
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisation
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Résumé

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La présente étude a pour objet l'analyse du concept de la langue en France et en Allemagne, son rôle dans la construction de l'identité nationale et son impact politique. Elle préconise une démarche comparative qui intègre la perspective relationnelle en s'interrogeant sur le rôle des influences réciproques et des transferts dans les représentations de la "langue nationale". Deux débats sont au coeur de la présente analyse : l'un portant sur la "pureté" de la langue nationale, l'autre sur son expansion à l'étranger. Le premier débat est une réaction aux effets de l'évolution linguistique; le deuxième s'inscrit dans le contexte de la compétition entre les nations impérialistes pour une hégémonie culturelle. Ces deux débats témoignent d'un nouvel intérêt pour la langue nationale qui aboutit à la fin du 19e siècle à la création d'un nouveau type d'association ayant pour but la défense de la langue nationale et/ou sa promotion à l'étranger. Parmi ces associations, qui se recrutent aussi bien en France qu'en Allemagne dans la bourgeoisie cultivée et en particulier dans les milieux enseignants, on trouve l'Allgemeine Detusche Sprachverein, l'Allgemeine Deutsche Schwlverein (plus tard Verein für das Deutschum in Ausland) et l'Alliance française. En analysant l'idée de la langue nationale dans le discours de ces trois organisations, la présente étude se propose de concilier l'analyse des concepts historiques avec une perspective d'histoire sociale.