Kaddish et renaissance : le souvenir d'un siècle dans les romans viennois (1991-2001) de Robert Schindel, Robert Menasse et Doron Rabinovici
| Auteur / Autrice : | Béatrice Gonzalés-Vangell |
| Direction : | Erika Tunner |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Cultures, identités et territoires des pays de langue allemande contemporaine |
| Date : | Soutenance en 2002 |
| Etablissement(s) : | Paris 12 |
Résumé
Pour la première fois en France, une thèse est consacrée aux trois écrivains viennois Robert Schindel (*1944), poète, Robert Menasse (*1954) germaniste-romancier et Doron Rabinovici (*1961), historien, tous trois représentatifs de la deuxième génération après la Shoah. A travers l'analyse de leurs romans respectifs, cette thèse découvre un aspect remarquable de la littérature autrichienne de la fin du XXe siècle. Publiés entre 1991 et 2001, ils éveillent l'attention sur la dichotomie du souvenir des juifs et des non-juifs. Au-delà des divergences stylistiques qui séparent les six oeuvres, toutes participent du même souci de questionner la nature du souvenir transmis de la Shoah. En s'inscrivant dans une continuité littéraire qui intègre la fracture de l'Histoire, ces romans chargent la langue allemande d'un souvenir qui lui appartient. Ils mettent à jour une conception inhabituelle du déroulement du temps et soulignent l'omniprésence du passé. L'examen approfondi du rapport de ces romans non- historiques à l'Histoire permet d'affirmer que le roman viennois, d'abord défini comme le lieu du souvenir, s'avère être mémoire de l'Histoire: le roman, produit de la création littéraire, s'érige en savoir historique où, à la fois, le droit à la subjectivité et la force de l'émotion sont réhabilités. Le devoir de mémoire que les écrivains assignent à l'écriture, et que la lecture perpétue, contribue à la constitution d'un souvenir qui esquisse le dépassement des apories historiographiques et qui permet de tenter l'élaboration d'une mémoire réconciliatrice d'entre les Hommes.