Thèse soutenue

La tension polémique dans les essais de Pier Paolo Pasolini

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Auteur / Autrice : Vanessa De Pizzol
Direction : Bruno Toppan
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langue et littérature italiennes
Date : Soutenance en 2002
Etablissement(s) : Nancy 2

Mots clés

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Résumé

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Pier Paolo Paslolini est un artiste emblématique de la deuxième moitié du Vingtième siècle italien. Son œuvre, qui couvre différents domaines d'expression artistique et littéraire (peinture, poésie, roman, cinéma, théâtre) frappe par sa démesure. Mais plus encore, par la manière dont la réflexion sur l'œuvre et sur la société devient indissociable de l'acte de création. Les essais, de ce point de vue, sont un lieu d'observation idéal de la fusion qui s'opère entre le moment de la création et le moment de la réflexion, entre la littérarité et le discours. Il est une autre fusion qui apparaît nettement dans les essais et qui définit plus généralement le parcours pasolinien : c'est celle qui associe vie et œuvre. Ce principe de fusion n'est cependant pas un facteur de cohésion, du moins en apparence. L'auteur, qui place sa création sous le signe de l'oxymoron, a su en réalité utiliser un conflit qui l'a d'abord opposé à lui-même (acceptation de son homosexualité) avant de l'opposer à sa production et à la société contemporaine. Les essais s'attachent à montrer comment cette tension polémique est, au-delà d'un principe purement esthétique, un principe ontologique, une manière de concilier création et action, de lire le monde par le biais de l'attaque frontale. La production essayiste de Pasolini, envisagée sous cet angle, se fait le graphe de l'évolution de la société contemporaine vers un horizon résolument économique. La vision de l'auteur s'affirme comme profondément pessimiste et les invectives réitérées qu'il adresse à la société se font de plus en plus violentes au fil des étapes franchies par l'histoire de l'Italie (la contestation étudiante, la stratégie de la tension, etc. ) jusqu'à l'assassinat de Pasolini en 1975. La polémique se conçoit alors l'expression de la relation tragique qui lie l'auteur à la réalité.