''Boni, probi et sufficientes'' : pouvoir et notabilité à Aix-en-Provence entre 1400 et 1535
| Auteur / Autrice : | Lucie Larochelle |
| Direction : | Noël Coulet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Lettres et sciences humaines |
| Date : | Soutenance en 2002 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille 1 |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : Université de Provence. Faculté des lettres et sciences humaines (1969-2011) |
Mots clés
Résumé
Aix-en-Provence n'avait, au XVe siècle, ni le rayonnement économique de Marseille, ni le prestige intellectuel et artistique d'Avignon. A la tête de la capitale du comté règnait cependant une élite riche et instruite, composée de marchands, de notaires et d'hommes de loi, qui exerçait son autorité à travers le conseil de la ville, certes, mais aussià travers le chapitre cathédral et les nombreux rouages de l'appareil étatique. L'analyse de ces différentes institutions de pouvoir révèle leurs traits distinctifs et le particularisme qui les caractérise. Tandis que le pouvoir communal affermissait petit à petit ses règles de fonctionnement, tandis que le chapitre veillait sur les affaires de l'archevêché, le gouvernement comtal tâchait d'accroître son emprise sur la fiscalité et la justice, poussé soit par les ambitions du roi René, soit par l'intégration de la Provence au royaume de France. En revanche, la classe dirigeante qui peuplait et animait ces diverses structures de pouvoir semble avoir manqué de cohésion et de stabilité. En étudiant les étapes de la carrière des notables aixois, notamment leurs études, leurs alliances matrimoniales et leurs dispositions testamentaires, nous voyons se révèler quelques critères différenciateurs de la notabilité urbaine de la fin du Moyen Age, mais nous découvrons en même temps la fragilité des reseaux familiaux au sein de cette élite bigarrée, en uneépoque où la peste revenait périodiquement effectuer des ponctions dans la population aixoise et où des courants migratoires bouleversaient les structures de la sociabilité. Les épouses des notables aixois, leurs gendres et leurs brus également, ne provenaient pas majoritairement des familles déjà enracinées dans la bonne bourgeoisie aixoise. Quant aux stratégies successorales, elles devaient bien davantage assurer la survie du lignage, sous une forme ou une autre, que viser la concentration des fortunes. Si quelques familles ont malgré tout réussi à laisser une empreinte durable dans l'une ou l'autre des institutions de pouvoir, force est de constater qu'il s'agit là de l'exception, et non de la règle.