Thèse soutenue

L' administration territoriale, entre politisation et autonomisation : étude sociologique des mouvements de personnel du conseil régional Provence-Alpes-Côte-d'Azur entre 1974 et 2000

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Auteur / Autrice : Valéry Duflot
Direction : Jacques Lautman
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Espaces, cultures, sociétés
Date : Soutenance en 2002
Etablissement(s) : Aix-Marseille 1
Partenaire(s) de recherche : autre partenaire : Université de Provence. Faculté des lettres et sciences humaines (1969-2011)

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La décentralisation française de 1982 a modifié la répartition du pouvoir au profit des élus locaux qui sont devenus les chefs de l'exécutif des collectivités territoriales. L'observation de l'utilisation de ce nouveau pouvoir dans le domaine de la gestion du personnel fut l'angle retenu pour mener une étude sociologique sur les relations entre le politique et l'administratif. Situé dans les champs de la sociologie des organisations de Michel Crozier et de la sociologie de l'administration de Jean-Claude Thoenig, le travail de recherche a consisté à analyser, à partir d'une documentation primaire d'archives, d'entretiens semi-directifs, et d'observations directes, les comportements des acteurs, ainsi que les mouvements de personnel des services administratifs du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur entre 1974 et 2000. De cette enquête centrée sur le fonctionnement interne de l'organisation politico-administartive étudiée, il ressort que les pratiques, les comportements et les stratégies des acteurs relèvent d'un élément de régulation central qui est le rapport dialectique entre l'autonomisation et la politisation de l'administration. Lors des alternances politiques, le renouvellement du personnel administratif ne concerne pas uniquement les emplois fonctionnels. Les embauches ne se font pas toujours en fonction de crit̀ères de compétences. Et des tensions apparaissent entre les strates d'agents consituées au fil des mandatures. En même temps, la rationalisation de l'administration régionale, l'augmentation de la part d'agents titulaires consécutive aux plans de titularisation, et l'adoption par les agents de comportements de neutralité participent de l'affirmation du statut et de la constitution d'une fonction publique territoriale plus autonome. Mais alors que les réformes visaient à améliorer la qualité du service public, elles se traduisent par le maintien des dysfonctionnments bureaucratiques d'Etat au niveau des collectivités territoriales, auxquels se sont ajoutés des dysfonctionnements politico-administatifs du fait de la proximité du politique. L'émergence d'une action publique locale fondée sur la "territorialité", la "transversalité" et la "proximité" parâit ainsi se heurter à l'árchitecture de la fonction publique territoriale telle qu'elle se dessine.