Les six faces du dé : le jeu des hasards dans l'art autour de 1960
| Auteur / Autrice : | Pierre Saurisse |
| Direction : | Jean-Marc Poinsot |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire de l'art |
| Date : | Soutenance en 2001 |
| Etablissement(s) : | Rennes 2 |
Mots clés
Résumé
Pollock est après la seconde guerre mondiale la figure emblématique du hasard dans l'art. Mais autour de 1960, de jeunes artistes renouvellent cette conception du hasard imprégnée d'automatisme. En France, Tinguely et Saint Phalle produisent des traces picturales accidentelles provoquées par l'intermédiaire de la mécanique : une machine à dessiner pour l'un, une carabine pour l'autre. Arman et Spoerri réalisent pour leur part des assemblages sans contrôler la composition, puisqqu'ils prélèvent des fragments du réel en suivant des méthodes préétablies, à la façon de l'échantillonage. L'aléa marque également l'apparition du happening à New York : il est auréolé d'une réputation sulfureuse qui lui prête une grande ouverture à l'imprévu, à la fois par l'improvisation et la participation du public. Il est aussi au coeur de manipulations du langage telle que la méthode du cut-up de Burroughs et Gysin, consistant à découper la page avant de la recomposer à l'aveuglette, ou telle l'intervention des visiteurs d'un environnement de Krapow, Filliou, Mac Low ou Vostell participent eux aussi à cette dissolution de l'auteur unique. A la suite de Cage, qui assume pleinement l'exploitation du hasard dans la création musicale, Brecht, Young et Higgins écrivent des morceaux en organisant des sons par des méthodes assimilables, sur le principe, au tirage au sort. Mais l'interprétation elle-même est aussi sujette à l'imprévu, notamment lors des manifestations Fluxus, grâce aux grandes libertés accordées par les partitions. Sous ces formes variées, le hasard se révèle être un emblème majeur de l'avant-garde.