Thèse soutenue

La scintigraphie des récepteurs de la somatostatine dans les tumeurs neuroendocrines digestives et les granulomatoses

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Auteur / Autrice : Nassiba Rachida Lebtahi
Direction : Serge Askienazy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Imagerie médicale
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Paris 11
Jury : Président / Présidente : Alain Prigent
Examinateurs / Examinatrices : Alain Prigent, Patrick Bourguet, Dominique Le Guludec, Michel Mignon
Rapporteurs / Rapporteuses : Patrick Bourguet, Dominique Le Guludec

Résumé

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Ce travail porte sur l'étude des performances et l'optimisation des méthodes d'acquisition et traitement de la scintigraphie des récepteurs de la somatostatine (SRS) dans la localisation des tumeurs endocrines digestives et dans les granulomatoses. Nous avons évalué prospectivement l'intérêt de la SRS dans le Syndrome de Zollinger Ellison (ZES) chez 48 patients. La SRS a détecté 83% des sites connus chez 81% des patients, et révélé de nouveaux sites chez 37% des patients. Nous avons comparé les résultats de la SRS avec ceux de l'échoendoscopie dans la détection pré-operatoire des gastrinomes et adénopathies tumorales péripancréatiques pour 21 patients opérés. La sensibilité de chacun de ces deux examens est de 58%. Leur association permet de détecter 90% des tumeurs. Par ailleurs, deux cas particuliers de fixation de l'111In- Pentetreotide au niveau d'une rate accessoire et au niveau myocardique sont rapportés. L'impact clinique de la SRS a été analysé sur 160 patients consécutifs porteurs de tumeurs endocrines digestives. La SRS a révélé de nouveaux sites chez 50% des patients, et la stratégie thérapeutique a été modifiée pour 25% des patients. La SRS et la scintigraphie osseuse ont été comparées chez 145 patients pour la détection des métastases osseuses : la SRS apparaît plus sensible. L'intérêt de la SRS dans la prise en charge thérapeutique de 85 patients avec ZES est analysé, avec un suivi montrant la précocité des anomalies détectées par la SRS. Les résultats de l'utilisation de la détection isotopique per-opératoire pour 20 patients (33 tumeurs) sont rapportés : la détection per-opératoire a détecté 91% des tumeurs. La taille et le taux de fixation de l'111In- Pentetreotide sont les 2 facteurs importants pour la détection des tumeurs. La distribution de la fixation de l'111In- pentetreotide au sein de prélèvements de 33 tumeurs de patients opérés, est analysée par autoradiographie macroscopique quantitative. Le taux de captation de l'111In Pentetreotide est variable d'une tumeur à l'autre, même au sein d'un même patient. La distribution au sein d'une tumeur l'111In Pentetreotide peut être homogène ou hétérogène. La valeur diagnostique d'un analogue de la somatostatine marqué au 99m Tc (9mTc P829) a été comparée à celle de l'111In Pentetreotide chez 45 patients prospectivement inclus. La sensibilité de cette dernière est significativement plus élevée (65% vs 91%). Les résultats préliminaires de l'utilisation de l'111In Pentetreotide en radiothérapie métabolique pour 7 patients sont rapportés et ont montré une régression partielle des lésions. Sur le plan méthodologique, la détection des tumeurs de l'abdomen haut est significativement plus élevée en utilisant la tomographie avec reconstruction itérative, comparée aux multiples incidences planaires et à la reconstruction par rétroprojection filtrée. En conclusion, ces résultats suggèrent que la SRS est l'examen de première intention dans le bilan d'extension des tumeurs endocrines digestives. Nous avons également comparé la SRS et la scintigraphie au Gallium dans l'extension des atteintes pulmonaires et extra-pulmonaires chez les patients atteints de sarcoïdose. La SRS semble significativement plus sensible (83% vs 65 %), en particulier chez les patients sous corticothérapie (82% vs 59%). Les résultats préliminaires de la SRS chez les patients atteints d'histiocytose à cellules de Langerhans sont rapportés, montrant une fixation au niveau des lésions, essentiellement pulmonaires.