De l'épidémiologie des HTLV-I ET HTLV-II dans des populations africaines ou d'origine africaine

par Philippe Tuppin

Thèse de doctorat en Santé publique

Sous la direction de Antoine Gessain.

Soutenue en 2000

à Paris 11 .

Le président du jury était Alfred Spira.

Le jury était composé de Alfred Spira, Guy de Thé, Éric Delaporte, Eric Wattel.

Les rapporteurs étaient Guy de Thé, Éric Delaporte.


  • Résumé

    Au début des années 1990, plusieurs questions étaient d'actualité dans le domaine de l'épidémiologie des HTLV : quels sont les facteurs de risque de séropositivité au RTLV-I chez les femmes enceintes ? L'augmentation de la séroprévalence du RTLV-1 avec l'âge est-elle due à un effet cohorte ? Les quelques cas de sérologies positives au RTLV-II rapportés en Afrique sont-ils des indices d'une origine de ce virus dans ce continent et non des cas d'importations ? L'étude de 4234 femmes enceintes de Saint Laurent du Maroni (Guyane), entre 1991 et 1997, a permis de mettre en évidence une prévalence élevée du RTLV-I restreinte aux groupes d'origine africaine comme les Noir-Marrons (5,7%) dont le mode de vie s'est occidentalisé depuis quelques décennies après une isolation depuis le 18ème siècle. Chez 1232 femmes noir-marrons, les facteurs associés à une séropositivité sont : l'âge élevé (31-35 ans, OR=3,8 ; IC 1 ,9-7,7), la parité (plus de 4, OR=4. 0; IC 1 ,8-8,8) et la gestité élevées (plus de 6, OR=3,8 IC 2,0-7,2), des antécédents de fausse couche (OR=1,7, IC 1,0-2,8) et de césarienne (OR=2,1; IC 1,1-4,0) et un rhésus négatif(OR=2,2, IC 1, 1-4. 5). En analyse multivariée, les facteurs de risque indépendanment associés à une séropositivité au HTLV-I étaient le rhésus négatif et une gestité ou une parité élevée. La persistance de la parité ou de la gestité plutôt que l'âge dans les modèles multivariés peut s'expliquer par leur prise en compte de l'âge, du niveau d'exposition sexuelle ou des troubles gynécologiques favorisant la transmission. Chez les femmes noir-marrons, entre 1991 et 1997, la séroprévalence annuelle du RTLV-1 a diminué de 6,0% à 4,6%, surtout chez les moins de 21 ans (3,7% à 1,5%, p=0,04). La moyenne d'âge des femmes infectées par le RTLV-1 était supérieure à celle des séronégatives (28,6 vs 24,7 années, p<O. OO 1 ). Cinq séroconversions ont été observées pour 2675 femmes-années, soit une incidence de 0, 1911 00 femmes-aimées. Selon l'âge, l'incidence était de 0,321100 femmes-années pour les moins de 25 ans (4 séroconversions) et de 0,07 chez les 25 ans et plus. Cette demière incidence est insuffisante pour expliquer les prévalences élevées observées (de 5,9% entre 26-30 ans à 11,2% après 35 ans). Ces résultats suggèrent la présence d'un effet cohorte qui peut s'expliquer par la modification récente des comportements sociaux et culturels de ce groupe, ce qui a déjà été décrit dans une autre zone d'endémie comme le Japon. L'étude de ce groupe doit continuer afin de préciser l'évolution de cet effet cohorte. Au Gabon, parmi 41 membres de la même famille, un RTLV-II a été caractérisé chez 7 d'entre eux. Ceci a pemis de confimer, par l'étude familiale et biologique, la transmission du RTLV-II de la mère à l’enfant et par voie sexuelle. Cet RTLV-II était l'un des plus divergents connu du sous-type b, et se transmettait au sein de cette famille au moins depuis les années 1930, dans une région qui était alors isolée. Ces deux résultats plaident en faveur d'une éventuelle origine africaine de ce virus qui a longtemps été considéré comme un virus du nouveau monde. Cette hypothèse a été renforcée par l'isolation d'autres HTLV-II en Afrique, notamment chez les Pygmées, et des virus simiens hautement divergents des STLV connus qui pourraient être à l'origine des HTLV-II retrouvés en Afrique.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (142 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 113-137

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