Thèse soutenue

Insertion professionnelle des jeunes et départ du domicile parental : une application des modèles de durée bivariés

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Auteur / Autrice : Sandrine Dufour-Kippelen
Direction : Brigitte Dormont
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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L'objet de cette thèse est d'étudier les trajectoires professionelle et familiale des jeunes, en s'interrogeant sur leurs interactions. Le chômage et les situations d'emplois précaires menacent-ils l'accès à la maturité que constitue l'autonomie résidentielle? A l'inverse, un séjour prolongé au domicile parental améliore-t-il le processus d'insertion professionnelle ou, au contraire, décourage-t-il l'effort de recherche d'emploi? Les trajectoires en question sont des processus qui n'ont pas nécessairement la même signification selon qu'il prennent du temps ou pas. On examine ainsi l'impact des trajectoires professionnelle et familiale l'une sur l'autre en étudiant la durée d'accès à un premier emploi et la durée de cohabitation avec les parents. Pour les travaux empiriques, on exploite le panel "Mesures jeunes" du Céreq qui permet l'observation de la situation professionnelle et familiale de 2 423 jeunes pas ou moyennement diplômés, de formation plutôt technique, depuis leur sortie du système scolaire en juin 1989 et jusqu'en décembre 1993. Les interactions sont étudiées dans le cadre des modèles de durée bivariés. La spécification d'une loi exponentille bivariée permet de tester ces interactions entre l'accès à l'emploi et le départ du domicile parental par l'intermédiaire d'un terme de dépendance. Notre analyse permet de confirmer l'existence d'un lien entre durées d'accès à l'emploi et d'accès à l'autonomie résidentielle. Il est dès lors possible d'analyser le prolongement actuel de la cohabitation des jeunes chez leurs parents comme la résultante de leurs difficultés sur le marché du travail. Réciproquement, la cohabitation prolongée des jeunes retarde leur accès à un CDI. Toutefois, un autre résultat important de notre recherche contribue à relativiser sérieusement le rôle des interactions : les effets des différences de sexe, de niveau et de spécialité de formation sont nettement plus importants que l'influence mutuelle des trajectoires.