Thèse soutenue

Raymond Aron et le débat stratégique français (1930-1966)

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Christian Malis
Direction : Georges-Henri Soutou
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

FR

Après le rendez-vous manque des années trente, la période de la guerre, passée par Raymond Aron à londrès, voit naitre une pensée stratégique originale et le style propre du futur commentateur. Aron est armé d'une vision stratégique complète pour la France, affaiblie mais victorieuse, de 1945. De 1946 à 1949, face à l'U. R. S. S. , il est un chaud partisan de l'alliance américaine et d'un réarmement symbolique ; constatant la dégradation du rapport des forces international, il pressent une nouvelle guerre à la fin de la décennie quarante. De la Corée aux accords de Bonn, on le retrouve au coude à coude avec le général de Gaulle pour réclamer avec vigueur le réarmement national et s'inquiéter des plans d'armée européenne. Cette conjonction se brise en 1952-1954 alors que se recompose le panorama des positions stratégiques, selon un schéma qui ; annonce les controverses des années soixante. Des 1955-1956 Aron dispose des concepts fondamentaux de sa pensée en matière de stratégie atomique. On discerne en 1956 les positions qu'il défendra au cours du "grand débat". Il ne désapprouve pas les grandes options de la politique militaire du général de Gaulle dans les premiers mois. Mais il rompt avec éclat quant sont dévoilés les contours de la stratégie militaire nationale. Médiateur au plus haut niveau entre français et américains, champion de la cause euro-atlantique, l'universitaire prestigieux est pourtant trompe dans ses attentes et ses aspirations personnelles. Les circonstances le conduisent à une semi-retraite dans le débat stratégique français ; la spéculation théorique l'emportera désormais sur l'engagement.