Thèse soutenue

Archéologie et évolution de la notion d'auteur

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Auteur / Autrice : Steven Bernas
Direction : Dominique Chateau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Art et archéologie
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

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Résumé

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La présente thèse aborde la notion d'auteur sous un angle particulier. Retraçant l'histoire de la notion dans la langue, je me suis efforcé d'aborder la notion d'auteur dans son sens fort : celui de l'autorité. Quelle autorité peut-on attribuer effectivement à l'auteur ? La question de l'attribution de pouvoir attachée à la notion d'auteur est purement fantasmatique et ne relève que d'une procédure inconsciente, mise à jour depuis Sigmund Freud. En retournant vers les fondements théoriques de la notion, l'histoire de l'auteurification est mise en jeu, par-delà la problématique cinématographique. Il semble bien que les différentes querelles autour de la notion d'auteur reposent sur une erreur d'interprétation ou plutôt une erreur d'attribution. L'auteur n'est pas le dépositaire d'un savoir immuable, ni le porteur d'une vérité lourde dont l'œuvre incarnerait la toute-puissance divine dans l'homme (et autres mégalomanies totalitaires). Il n'est pas non plus le copiste de la réalité, qui duplique dans la fiction un analogon du réel. Il ne sera pas non plus un néant d'auteur, un imposteur. En réalité, derrière la notion d'auteur, se profile la notion beaucoup plus complexe de sujet. L'auteur n'est pas qu'une place, une topique, mais aussi un sujet en travail. L'auteur travaille implicitement ou non la quête de soi, de la vérité du Je. Né au monde du langage pour le penser. L'auteur incarne une posture et une place dans un processus constamment mis à jour par les différents rôles et attributs dans le travail de création collective ou individuelle. L'auteur travaille en relation avec une équipe, soit dans l’édition, soit dans le cinéma, mais de toute façon, l'auteur sait qu'il intervient dans une chaine dont il est le maillon originaire, de profits faits en son nom, pour le bien de tiers, au sein d'une industrie du profit. Concrètement, il assume seul les risques, les échecs, les inachevés, une postérité tordue en tous sens. L'auteur, l'artiste, l'instaurateur du discours, sont bien plus des autorités qui font rupture dans les pratiques de l'art. Ils instaurent un nouveau rapport à l'œuvre, introduisent une nouvelle sensibilité, faute de quoi, ils n'ont ni autorité ni posture d'auteur, mais utilisent simplement un moule déjà établi par un auteur ou un instaurateur du discours bien avant lui