Thèse soutenue

L'évêque-duc et pair de France : titre honorifique ou puissance effective ? : l'exemple de Langres : 1655-1791

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Auteur / Autrice : Stéphane Douillot
Direction : Georges Viard
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire moderne
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Nancy 2

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Langres, ville de l'est du pays a longtemps été le siège d'un duché comprenant cent quatre-vingt trois seigneuries en treize châtellenies disposées entre la ville de Tonnerre et les Vosges, entre les villes de Chaumont et de Dijon. Cet ensemble permit aux évêques-ducs de disposer d'une puissante reconnaissance régionale et de rentrées financières conséquentes. Ces dernières oscillèrent en effet entre quarante mille et cent trente cinq mille livres entre 1655 et 1791. Pour conforter leur train de vie les rois leur ajoutèrent souvent des revenus d'abbayes commanditaires. Les prélats appartinrent donc à l'élite fortunée et influente de la noblesse et durent donc se doter d'un gouvernement pour gérer leurs affaires. Mais les prélats de Langres furent également pairs de France. Ce dernier titre fut un privilège rare puisque seulement six prélats français en disposèrent (Reims, Laon, Langres, Châlons, Beauvais et Noyon). Il permit aux évêques-ducs de pouvoir recourir directement au parlement pour toutes leurs affaires ou de pouvoir intervenir auprès du roi et du gouvernement. Si le privilège le plus symbolique qui en découla fut leur participation aux couronnements royaux, ils purent obtenir des concessions beaucoup plus tangibles comme la cession de l'office de lieutenant général de police que Louis XIV créa dans toutes les villes en 1699. Leur puissance se manifesta également par des interventions discrètes, mais bien réelles, dans les affaires politiques des XVIIe et XVIIIe siècles, pour culminer par la nomination comme président de l'assemblée constituante du dernier évêque Mgr. De La Luzerne. Cela n'eut toutefois rien d'inhabituel, car les prélats désignés pour occuper les pairies ecclésiastiques étaient pratiquement cooptés parmi les milieux de cour les plus influents.