Thèse soutenue

Classificateurs numéraux en japonais : constructions et catégories

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Auteur / Autrice : Sumikazu Nishio
Direction : Michel Le Guern
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Lyon 2

Mots clés

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Résumé

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Cette thèse aborde diverses questions linguistiques et cognitives qui se posent à propos du système des classificateurs numéraux japonais. L'observation approfondie d'un système de classificateurs révèle plusieurs aspects importants sur le fonctionnement du langage. Nous discutons de différentes approches actuellement proposées en linguistique et en psychologie cognitive, et présentons nos propres travaux empiriques et théoriques pour contribuer à une meilleure compréhension des catégories linguistiques appelées "classificateurs". Les classificateurs numéraux sont, tout d'abord, des outils de quantification. Aussi la description adéquate de leur fonctionnement entraîne une réflexion sur le statut logico-sémantique et sur le mécanisme syntaxique des expressions quantitatives. Concernant ces questions, nous faisons un examen critique de diverses théories en logique et en syntaxe (notamment "generative grammar" et "generalized quantifier"), et proposons, comme alternatives, une théorie de référence ainsi qu'une nouvelle analyse syntaxique des quantificateurs japonais dans le cadre de la "construction grammar" de Goldberg. Par ailleurs, les classificateurs répartissent les objets du monde en nombreuses catégories spécifiquement langagières. Cet aspect classificatoire est examiné sous trois axes : évolution, acquisition et catégorisation. Le thème de l'évolution est abordé à la lumière des universaux typologiques ainsi que des données historiques sur les classificateurs japonais. Ensuite, l'étude historique est mise en parallèle avec celle sur l'acquisition des classificateurs chez les enfants. Nous interprétons ces données selon la théorie cognitive sur les spécificités ontologiques. Enfin, les classificateurs représentent un intérêt tout particulier pour étudier le processus cognitif de catégorisation d'objets en classes linguistiques. Utilisant des tests d'amorçage, nous analysons des comportements différentiels dans deux t"ches : catégorisations par un terme superordonné et par un classificateur numéral. Le résultat de ces études expérimentales nous donne des éléments de réflexion nouveaux sur la nature spécifique des catégories proprement langagières par rapport aux catégories qui sont conceptuellement plus naturelles, telles que les classes superordonnées en lexique