Thèse soutenue

Propriété, propriétaires : politiques publiques et groupes d'intérêt dans le secteur immobilier en France

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Auteur / Autrice : Hélène Michel
Direction : Michel Offerlé
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Jacques Lagroye, Susanna Magri, Pierre Muller, Gérard Noiriel

Mots clés

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Mots clés libres

Résumé

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Cette recherche montre comment, sous l'action conjointe de l'etat et de groupes d'interet qui defendent et representent les proprietaires, la propriete, idee erigee en fondement et horizon indepassable de notre societe, est devenue un fait social normal, au sens statistique et sociologique. Sont ainsi restitues sur le siecle les processus sociaux et politiques qui ont contribue a faire de la propriete du logement en france une institution. Deux approches sont combinees : l'analyse socio-historique (ch. 1 a 3), centree sur un groupe d'interet (l'union nationale de la propriete immobiliere) qui revendique avec succes le monopole de la representation des proprietaires immobiliers prives depuis la fin du xixe siecle ; l'enquete sociologique (ch. 4 a 7), combinant observations et entretiens approfondis, menee sur un echantillon national de onze groupes d'interet (syndicats des agents immobiliers et des administrateurs de biens, associations de locataires, de consommateurs et de coproprietaires) qui forment l'espace de concurrence dans lequel se constitue et se legitime l'interet de la propriete immobiliere privee. L'analyse simultanee des transformations de l'action publique (ch. 1), del'histoire du groupe social des proprietaires (ch. 2) et des modalites de defense et de representation des interets immobiliers (ch. 3) montre les conditions d'impossibilite d'une reconnaissance par l'etat de la propriete immobiliere comme activite economique productive. L'institutionnalisation de la propriete ne devient possible qu'avec la constitution, dans les annees 1980, d'un secteur de la propriete : celui-ci resulte de la mobilisation de groupes de defense de la propriete (ch. 5), de la reconnaissance etatique de la propriete immobiliere (ch. 6) et de la formalisation juridique du secteur immobilier (ch. 7). Cette enquete sur les pratiques de defense et de representation des interets est une double contribution a la sociologie des groupes d'interet et a la sociologie de l'etat.