Thèse soutenue

Rôle du glucose dans le contrôle de la prise alimentaire chez l'Homme : Apport des triglycérides à chaînes moyennes

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Auteur / Autrice : Virginie Van Wymelbeke
Direction : Marc Fantino
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Médecine. Physiologie de la nutrition et comportement alimentaire
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Dijon

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Les mécanismes exacts du contrôle physiologique de la prise alimentaire restent une énigme. Parmi les diverses théories et hypothèses proposées par les chercheurs, l’hypothèse glucostatique, bien que supportée par le plus grand nombre d’évidences, reste discutée car non totalement démontrée. Les travaux entrepris dans cette thèse avaient donc pour objectif d’apporter des arguments complémentaires en faveur d’un rôle privilégié (et même hypothétiquement exclusif) du glucose et de son métabolisme intracellulaire comme signal sous-tendant l’initiation du comportement alimentaire. Trois études ont été réalisées, impliquant au total 48 sujets, masculins, volontaires sains, au cours desquelles nous avons évalué les conséquences comportementales et métaboliques de la consommation de divers repas d’épreuve sur le contrôle de la prise alimentaire. A cette fin, des triglycérides à chaînes moyennes (TCM) ont été utilisés comme outil expérimental métabolique, mettant à profit leur métabolisme rapide (absorption digestive, transport sanguin, oxydation mitochondriale…) pour permettre une épargne de l’oxydation du glucose et corrélativement une augmentation de l’oxydation lipidique par mise en jeu de l’effet Randle. La méthodologie générale mise en œuvre a consisté à quantifier le comportement alimentaire de sujets privés de tous repères horaires ; à mesurer l’état de faim et la durée de la satiété induite par des repas d’épreuve jusqu’à la demande spontanée du repas suivant (Etudes 1 et 2) ; à mesurer la prise alimentaire quantitatives et qualitatives au premier repas suivant le repas d’épreuves ; de suivre l’évolution des paramètres sanguins liés au métabolisme énergétique (glucose, insuline, acides gras libres, triglycérides, β-hydroxybutyrate) durant la totalité de la période expérimentale (Etudes 1 et 2) et à mesurer en continu les taux d’oxydation de chacun des trois nutriments (Etude 2). L’Etude 1 a montré qu’un supplément énergétique, au repas d’épreuve sous forme lipidique, de natures différentes (TCL saturés ou insaturés de TCM), retarde le déclenchement du repas suivant et prolonge significativement la durée de la satiété. Ces délais identiques de demande du repas suivant ne s’opposent pas à la théorie glucostatique. Une augmentation de l’oxydation lipidique a en effet pu ralentir l’oxydation du glucose, prolongeant sa disponibilité et donc la satiété, et prouvant l’existence d’un déterminisme métabolique au déclenchement du comportement ingestif. L’Etude 2 confirme que ce déterminisme métabolique est bien dépendant du métabolisme du glucose car seul le supplément glucidique a significativement prolongé l’intervalle post-prandial par rapport à d’autres suppléments lipidiques isoénergétiques. Cependant l’utilisation des TCM comme outil métabolique n’a pas retardé la demande du repas suivant parce que l’épargne du glucose n’a pas été suffisante pour entraîner cet effet. L’ingestion de ces lipides permet néanmoins de diminuer significativement ma prise alimentaire au repas suivant. L’Etude 3, dont l’objectif était de montrer un apprentissage du contenu calorique apporté par les TCM par opposition à celui apporté par les TCL, a mis en évidence que les TCM entrainent une aversion conditionnée pour la flaveur qui leur a été associée. Ces travaux apportent donc des arguments en accord avec un rôle privilégié du glucose dans le contrôle de la prise alimentaire, plus spécifiquement son rôle dans le mécanisme de la satiété. Cependant les résultats ne permettent pas d’affirmer que cette molécule est l’unique signal mis en jeu dans le déclenchement du comportement alimentaire.