Thèse soutenue

L'école et la Nation d'une guerre à l'autre en France, 1914-1940 ou L'école dans l'entre-deux-France

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Auteur / Autrice : Olivier Loubes
Direction : Pierre Laborie
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Toulouse 2

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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En France, de 1914 à 1940, l'école et la nation connaissent une double évolution qui permet de définir la période comme un entre-deux-France bien plus que comme un entre-deux-guerres. En se plaçant depuis l'école, l'entre-deux-guerres correspond, en effet, à un moment de désacralisation de la patrie. Cette profonde perte de confiance dans le modèle d'identification collectif des français depuis la Révolution s'opère en trois temps : à une déprise de la culture de guerre des années 1910, liée au deuil de masse, succède au début des années 1920 l'idéal briandiste qui fait que l'horizon pacifique prend le relais de l'horizon national désormais désenchanté. Puis, avec les crises qui forcent le pays et ses maîtres à reprendre le problème de la guerre dans les années 1930, les idéaux collectifs connaissent une seconde remise en cause. Au fond, si l'école de la République a continué à faire d'excellents français et de bons républicains, elle n'en faisait plus de fervents patriotes. Toutefois les classes ne sont pas pénétrées de l'esprit de conflit civil larvé qui agite la nation, parfois au sujet de son école. Car, vus de la nation, l'école et les instituteurs sont un des révélateurs de l'emprise de la culture de guerre civile qui change les données de l'affrontement franco-français traditionnel. De nouvelles représentations antagonistes ont supplanté les conflits classiques. Ainsi le thème de "l'école rouge" remplace-t-il celui de "l'école sans-dieu" cette double remise en question des idéaux communs comme des conflits partagés fait que c'est désormais la nation plus que la république qui divise les français. En cela il vaut mieux parler d'entre-deux-France que d'entre-deux-guerres.