Thèse soutenue

Expression du récepteur de la prolactine dans le système immunitaire et le cancer du sein : vers de nouveaux rôles pour la prolactine en pathologie humaine ?

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Auteur / Autrice : Philippe Touraine
Direction : Paul Kelly
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Médecine. Endocrinologie, interactions cellulaires
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Paris 11
Jury : Président / Présidente : Claude Kordon
Examinateurs / Examinatrices : Claude Kordon, Vincent Geenen, Henri Magdelenat, Frédérique Kuttenn, Micheline Misrahi, Louis-Marie Houdebine
Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Geenen, Henri Magdelenat

Mots clés

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Résumé

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L'objectif de notre projet de recherche est de mieux comprendre l'implication de la prolactine dans Je système immunitaire murin et humain mais aussi dans la cancérogenèse mammaire humaine, en évaluant J 'expression du récepteur de la prolactine. Notre travail s'est donc scindé en deux parties. Dans une première partie nous avons caractérisé l'expression du récepteur de la prolactine dans le système immunitaire murin et humain. Nous avons d'une part réalisé cette caractérisation chez la souris et le rat, par cytométrie de flux, grâce à des anticorps dirigés contre le récepteur de la prolactine, et mis en évidence l'expression ubiquiste du récepteur dans différentes sous-populations lymphocytaires analysées. La prolactine étant impliquée dans la pathogénie du syndrome lupique chez la souris NZB, nous nous sommes intéressés à l'expression du RPRL dans ce modèle. Nous avons ainsi retrouvé une expression augmentant avec l'âge de la souris NZB, suggérant que chez cet animal, le RPRL peut participer au développement de la maladie. Nous avons d'autre part identifié, par RT-PCR, l'expression du messager du récepteur de la prolactine, dans le thymus, la moelle osseuse, la rate et les ganglions de souris et de rat. Nous avons aussi pu mettre en évidence que les messagers codant pour une forme courte et une forme longue du récepteur de la prolactine sont exprimés dans chacun de ces tissus. En outre, la mise en évidence d'une synthèse de prolactine dans le thymus de rat a permis d'identifier les lymphocytes comme une source extra-pituitaire de prolactine. Enfin, nous avons étudié l'expression du récepteur de la prolactine, chez l'homme, dans des situations d'hyperprolactinémie ou d'acromégalie, et nous n'avons pas retrouvé de modification significative liée aux taux élevés de prolactine ou d'hormone de croissance. L'ensemble de ces résultats nous permettent de penser que, le récepteur de la prolactine étant exprimé dans diverses populations lymphocytaires, la cellule lymphocytaire est potentiellement une cible de l'action de la prolactine. Cependant, l'implication de la prolactine dans des situations pathologiques humaine ou murine demande à être plus étudiée. Dans une seconde partie, nous nous sommes intéressés au rôle potentiel de la prolactine dans la cancérogenèse mammaire à travers deux approches différentes. Nous avons caractérisé l'expression du messager du récepteur de la prolactine par PCR quantitative, dans des tissus mammaires provenant de 25 femmes présentant un cancer du sein ou une pathologie mammaire bénigne. Nous avons pour chacune d'entre elles comparé l'expression de ce messager dans le tissu tumoral et le tissu normal adjacent. Nous avons toujours retrouvé une expression du récepteur plus importante dans le tissu tumoral comparativement au tissu normal, et avons aussi confirmé une synthèse mammaire de la prolactine. Ces résultats suggèrent que la cellule mammaire cancéreuse présente peut-être une sensibilité accrue à la prolactine. Chez le rat, le fragment de 16 kDa de la prolactine de rat est un puissant inhibiteur de l' angiogenèse. Nous nous sommes donc intéressés à l'éventualité d'un clivage de la PRL humaine et l'obtention de fragments aux actions anti-angiogéniques. Nous avons étudié le clivage de la PRL humaine par des extraits de cellules mammaires tumorales ou normales et observé plusieurs fragments de taille variable, allant de 17 à 5 kDa. Le séquençage N-terminal de ces fragments, ainsi que des expériences d'immunodéplétion, nous permettent d'identifier la cathepsine D comme étant la protéase impliquée dans ce clivage. L'analyse de l'éventuelle action, anti-angiogénique, de certains de ces fragments est actuellement en cours. A travers ces approches, nous avons donc utilisé ou mis au point des techniques qui nous permettent de mieux caractériser l'expression du récepteur de la prolactine dans différents systèmes, nous aidant à mieux comprendre l'éventuelle implication de la prolactine dans diverses situations pathologiques humaines.