Thèse soutenue

L'école d'apprentissage Renault (1919-1989)

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Auteur / Autrice : Emmanuel Quenson
Direction : Lucie Tanguy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Paris 10

Résumé

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Cette thèse étudie la participation du patronat à la formation des ouvriers en France en traitant de l'école Renault de Boulogne (1919-1989). Elle examine l'inscription d'un enseignement professionnel dans la production en posant la question de son autonomie et de la promotion sociale des jeunes formés. La vision d'un enseignement professionnel dépendant essentiellement de l'Etat est refutée par cette recherche insistant au contraire sur l'implication de divers acteurs. Ainsi, la situation de la ville de Boulogne illustre les enjeux de la formation : aide a la mobilité sociale d'enfants des classes populaires du côté de la municipalité de gauche ; constitution d'agents acquis à la rationalisation du côté de la direction de l'enseignement technique et des industriels. Paradoxalement pour une telle école, son évolution s'est pourtant faite selon une séparation du travail. La participation du patronat à la formation s'est d'abord déroulée sur des bases issues du travail (1920-1950). Puis au terme de l'appropriation par les acteurs de l'entreprise d'une hiérarchie des savoirs reléguant les savoirs de métier derrière les savoirs scientifiques et techniques, la formation est devenue peu différente de celle des écoles d'Etat (1950-1980). Cette évolution a conduit à la fermeture d'une école qui a contribué a la composition de l'encadrement de Renault : comme dans le modèle allemand, les jeunes débutaient dans des emplois d'atelier avant d'accéder à des emplois à responsabilités. Leurs carrières montrent que l'expérience a longtemps prévalu sur la possession d'un titre dans l'industrie.