Thèse soutenue

Les portraits sculptés de Romains en Grèce et en Italie de Cynoscéphales à Actium : 197-31 av. J.-C

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Auteur / Autrice : Jean-François Croz
Direction : Jean-Marie Dentzer
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Art et archéologie
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Paris 1

Résumé

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On a voulu ici ébaucher une réflexion sur une période essentielle à la compréhension de l'histoire du monde antique, par le biais d'un matériel riche en perspectives idéologique, mais d'une interprétation parfois difficile. Le portrait sculpté montre-t-il des différences significatives dans le traitement des mêmes groupes humains, selon qu'il provient du monde grec ou de l’Italie romaine du IIe et du Ier siècle ? Une première étape, consacrée à l'apparition et à l'évolution du portrait sculpté dans plusieurs civilisations du bassin méditerranéen, permettait d'en préciser les particularités essentielles et universelles, centrées autour de l'affirmation d'une individualité, la notion de ressemblance physique n'intervenant que plus tard. On était ainsi amené à dresser une sorte de tableau comparatif de la situation du portrait en Italie romaine et dans le monde grec à la fin du IIIe siècle, et à évoquer les différents problèmes que cette situation a pu poser aux savants. Une seconde partie cherche à mettre en lumière les évolutions que la présence romaine dans le monde grec après la seconde guerre de Macédoine peut introduire dans l'art du portrait. Il semble en effet que, tout en usant largement des acquis de la portraiture royale ou privée de la période hellénistique, les romains aient demandé aux portraitistes grecs d'exprimer de nouvelles valeurs. La question se complique si l'on prend en compte la façon dont ces valeurs étaient comprises de part et d'autre, mais aussi le traitement particulier du portrait de romain dans les différentes régions du monde grec. La troisième et dernière phase concerne les incidences de la conquête du monde grec sur le portrait "républicain" en Italie. Elle cherche à faire la part de l'adaptation à la société romaine de techniques et de types hellénistiques, et d'éventuelles influences antérieures ou non-grecques, afin de déterminer en quoi cet art du portrait se distingue de ses précédents grecs. Cette appréciation doit prendre en compte le traitement stylistique, l'emploi des principaux types et sa signification, mais aussi les traditions iconographiques particulières des régions et des groupes sociaux de l’Italie républicaine. Enfin, une brève étude chronologique cherche à montrer comment un enchainement de réactions permet de passer du portrait républicain au portrait de l'époque impériale, reflet des différents changements.