Thèse soutenue

La bataille du grec à la Renaissance : un point aveugle de l'histoire de la culture occidentale

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Auteur / Autrice : Jean-Christophe Saladin
Direction : Pierre Vidal-Naquet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Cette etude porte sur les enjeux symboliques de la lutte autour du grec a l'aube de la renaissance. Elle s'articule en trois parties : 1. L'oubli et le retour (1396-1516) : le grec, langue de l'antiquite paienne et des byzantins schismatiques, avait pratiquement disparu de l'occident medieval apres les grandes invasions. Les humanistes italiens et les emigres byzantins parvinrent a le reintroduire au cours du xve siecle, a florence, rome et venise principalement. Ils permirent ainsi le developpement spectaculaire de la critique philologique (valla et bessarion). 2. La crise des langues sacrees (1516-1520) : des resistances farouches se manifesterent lorsque la philologie aborda le domaine des textes sacres car elle remettait en question la primaute du latin (a la fois fondement et instrument de la suprematie romaine). Ces resistances sont etudiees a travers trois episodes cruciaux : l'affaire reuchlin (15091520), la traduction du nouveau testament par erasme (1516) et l'ouverture du college trilingue de louvain (1518). Lorsque luther reclama a son tour l'etude du grec, les "ennemis des bonnes lettres" en tirerent argument pour condamner le grec comme "langue de l'heresie" au nom de l'autorite de la vulgate. 3. Le nouveau rapport des forces (1517-1534) : l'imprimerie et l'enseignement du grec se developperent ensuite de facons tres diverses hors d'italie (dans les pays germaniques et en france) et les premieres annees de la reforme virent un durcissement des oppositions entre amis et ennemis des langues. A l'horizon de ces combats se profile la question de la forclusion parl'eglise romaine de ses origines grecques (et juives). En annexes sont reproduits et traduits deux dialogues comiques composes en 1519 par des humanistes pour ridiculiser les "ennemis des bonnes lettres" : les funerailles de calliope de guillaume nesen et le dialogue macaronique d'ulrich von hutten.