La trilogie romanesque de Ayguals de Izco : le roman populaire en Espagne au milieu du XIXe siècle
| Auteur / Autrice : | Sylvie Baulo |
| Direction : | Yvan Lissorgues |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Espagnol |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Toulouse 2 |
Mots clés
Résumé
Avant d'aborder l'étude de la trilogie romanesque composée de ''María la hija de un jornalero'' (1845-1846), ''La marquesa de Bellaflor o el niño de la Inclusa'' (1846-1847) et ''El palacio de los crímenes o el pueblo y sus opresores'' (1855), il s'agit de cerner la personnalité de son auteur, Wenceslao Ayguals de Izco (1801-1873), importante figure dans l'Espagne des années 1840. À ses activités littéraires, il faut ajouter celles d'homme politique, de militaire et d'éditeur. Sa maison d'édition, ''La sociedad literaria de Madrid'' (1843-1859), joue un rôle non négligeable dans la diffusion d'ouvrages divers et le développement de la presse. La seconde partie propose de s'attacher aux formes littéraires de cet ensemble romanesque, souvent caractérisé de roman populaire pour la seule raison qu'il fut vendu par livraisons. L'étude des ressorts formels met en évidence un mécanisme-clef du roman paralittéraire ou populaire présent dans la trilogie, celui de la répétition au plan intratextuel, intertextuel et intergénérique. L'analyse des trois romans porte sur la structure, les personnages et la relation très particulière que nouent, selon l'optique de la théorie de la réception, le narrateur du récit paralittéraire et le lecteur. Pourtant, la trilogie ne peut se réduire à la seule appellation de roman populaire. Face au foisonnement d'étiquettes déjà existantes mais toutes insatisfaisantes, c'est ici l'expression de roman-mosaïque qui a été préférée. Tous les éléments, fiction, histoire, description des lieux, peinture des mœurs, chiffres et tableaux trouvent leur place dans la mesure où ils servent le progrès. Le roman doit dénoncer les inégalités sociales et Ayguals, comme bon nombre de romanciers du XIXe siècle, est un témoin privilégié de la société de son temps, un porte-parole dont la mission est de réveiller les consciences et d'appeler à l'organisation d'une société plus juste. La trilogie, par la volonté de réformisme social qu'elle manifeste, est donc un roman engagé.