Thèse soutenue

Images et usages de la folie dans le théâtre contemporain

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Auteur / Autrice : Isabelle Smadja
Direction : Maryvonne Saison
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Comment le theatre a-t-il reagi a la mutation culturelle qui fit disparaitre la fascinante folie et apparaitre de "pauvres malades" ? il garde une reference a la folie, use peu du concept de maladie mentale et repercute avec reticence le changement de perception de la folie. La folie contemporaine s'inscrit sur le corps du personnage, aveugle, boiteux ou mutile. Avec l'aveuglement, la tradition se maintient mais l'image du fou se deteriore : sa cecite n'est plus que l'effet du delire ou d'un retrait hors du monde et n'a plus la clairvoyance qui la qualifiait chez sophocle ou shakespeare. Avec la boiterie, nous passons d'une folie grandiose a une folie mediocre. Lorsque, par le biais de la mutilation, certains conservent une image puissante de la folie, le fou est un personnage inquietant,ce que confirme la frequence du theme de la mort d'un enfant dans son association a la folie. Les dramaturges s'interrogent alors sur la cruaute : faut-il la rejeter du cote de la folie ? le theatre se trouve une justification : l'aveu de l'infanticide necessite une mise en scene qui se passe du langage. Enfin, la mort pourrait etre une metaphore de l'ecriture dans son opposition a la parole vive. La folie, operant la confusion entre fantasme et realite, interroge le statut de la litterature dans le reel. A cela, s'ajoutent des usages lies a l'origine du theatre et a la catharsis. Des affinites structurelles existent aussi : la cloture de l'espace scenique correspond au "grand renfermement" dans l'hopital ; le regard exigeant des spectateurs sur le personnage de l'acteur fait surgir de lafolie ; l'alienation dans un role est une remise en question de l'identite. Existe encore un usage politique de la notion : a une maladie individuelle a enfermer, certains opposent la folie de la guerre, de la religion ou du monde du travail. Enfin le theatre se fait parfois le bouffon de la psychiatrie et des psychodrames, les renvoyant a leurs delires.