Du negrier au bateau ivre : figures et rythmes du temps dans l'oeuvre de john edgar wideman
| Auteur / Autrice : | Jean-Pierre Richard |
| Direction : | Michel Gresset |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études nord-américaines |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 7 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Les premieres publications de john edgar wideman coincident avec l'emergence du black arts movement dans son pays, les etats-unis d'amerique. Toutefois son oeuvre ne doit rien au nationalisme ''noir''. Comme richard wright, ralph ellison et robert hayden le firent avant lui, wideman rejette toute definition raciale de l'homme. Ses trois premiers romans, publies entre 1967 et 1973, composent une longue lamentation de la pensee dichotomique en ''noir'' et ''blanc''. L'auteur se contente d'y suggerer que la voie du salut passe plutot par l'imagination que par un heroisme ''noir'', dont il recuse divers modes dans hurry home et the lynchers. Il faut attendre la parution de la trilogie d'homewood en 1981-1983 pour que la deploration du ''petit temps'' de l'histoire raciale cede la place a la celebration d'un autre temps, non lineaire, inspire du ''grand temps'' africain et du ''temps du reve'' des aborigenes australiens. C'est en revenant aux innombrables recits qu'il a toujours entendu raconter dans sa famille a homewood (un quartier de pittsburgh), que wideman decouvre a la fois le pouvoir du recit, superieur au pouvoir individuel du seul auteur, et le va-et-vient constitutif du recit entre passe et avenir. Employe des lors a produire sans fin du ''present perpetuel de narration'', ou co-existent ce qui fut, ce qui est et ce qui sera, il constate que la navette du texte peut defaire celle des navires negriers. A partir de 1989, passe maitre dans l'art du recit, c'est desormais sans complexe qu'il remonte au moment ou furent inventees les notions modernes de ''race'' et d'''ethnicite'', en plein siecle des lumieres, au plus fort de la traite transatlantique. L'oeuvre de wideman joue du temps pour communiquer la non essence de ce dernier a la ''negrite'' : redefinie, celle-ci ne designe plus une identite fixe imposee a certains par le discours dominant, mais un chemin de liberte, l'exploration du possible infini qui seul definit, selon cet auteur, notre condition.