Thèse soutenue

Autres poétiques : l'innovation dans la poésie du XXème siècle à travers la naissance de trois formes singulières et personnelles : Les Ardoises du toit de Pierre Reverdy, Misérable miracle d'Henri Michaux, La Promenade sous les arbres de Philippe Jaccottet

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Auteur / Autrice : Olivier Gallet
Direction : Marie-Claire Dumas
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris 7

Résumé

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Cette thèse se propose d'interroger l'extrême disparité du fait poétique au vingtième siècle, en étudiant ensemble trois œuvres hautement singulières, fondatrices à elles seules d'un dispositif strictement personnel : les ardoises du toit inaugurant les + poèmes visuels ; de Reverdy, misérable miracle les + essais mescaliniens ; de Michaux, la promenade sous les arbres les + histoires de passage ; de Jaccottet. De cette comparaison, on tente de dégager les principes communs d'une poétique de l'innovation en poésie, partagée par des auteurs pourtant résolument individualistes. Ceux-ci se rejoignent tout d'abord dans un puissant travail de négation et de refoulement, dirigé contre la sphère empirique de l'auteur d'une part, et contre la tradition poétique d'autre part. C'est l'occasion pour nous de remettre à l'ordre du jour la question du rapport de l'œuvre poétique moderne à ses dehors supposés (contexte historique, socio-économique, biographique, littéraire, rapport à la tradition poétique et rhétorique), et de critiquer l'idée d'une parfaite clôture du texte. Mais les pratiques d'écriture de Reverdy, Michaux et Jaccottet convergent aussi dans la recherche plus positive d'une singularité absolue qu'il nous faut bien définir comme un hors-texte. Plusieurs chapitres, à partir de l'étude de certains traits de style, sont consacrés à ce qui fait la singularité de l'écriture de chacun des trois auteurs, analyses au terme desquelles on s'interroge sur la possibilité d'une définition unitaire de la singularité poétique. Pour finir, la thèse retrace la naissance et le destin des + poèmes visuels ; des + essais mescaliniens ; et des + histoires de passage ; en donnant ainsi des perspectives sur l'œuvre entière de Reverdy, Michaux et Jaccottet. A nouveau, on s'emploie ainsi à briser la clôture du texte, en le mettant en relation avec d'autres textes du même auteur, ou avec une singularité faite pour éternellement se dérober.