Thèse soutenue

Le Famadihana : rite, sacre et pouvoir dans un culte d'exhumation des morts familiaux, sur les hauts plateaux de Madagascar : interprétation et (re)construction psychanalytiques

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Auteur / Autrice : Pierre-Loïc Pacaud
Direction : Sophie de Mijolla-Mellor
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris 7

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La presente etude psychanalytique redefinit le culte familial comme un rite et s'etaye sur les deux topiques freudiennes en reference au contexte social, culturel, rituel autour de notions cles : 1) la filiere des tombeaux au principe de l'echange entre morts et vivants; 2) le hasindrazana et la brillance du principe ancestral au fondement de l'echange; 3) le tsiny, l'angoisse de conscience, source collective de l'echange. L'elaboration part d'une tabula rasa des interpretations du rite, recentree autour du conflit collectif ambivalentiel restitue depuis l'ethnographie du rite et les significations latentes des contenus semantiques du rite, et sur leurs destins divergents. A l'actualisation animiste et projective du conflit ambivalentiel et aux destins divergents sont joints respectivement les types de censure : refoulement et deni. La mise au jour de la + verite historique ; du rite y succede par une analyse des contenus contextuels et de leurs relations, dans lesquelles le rite repete le mythe (absent en tant que tel). Le hasindrazana est analyse a partir de l'ancien rite de bain royal et correspond au noyau originaire du pouvoir; son mode d'appropriation rappelle le mythe freudien de la horde que les rites figurent in-situ, en tant que substitut d'accomplissement de desir. Le desir initial de l'ancetre d'effectuer le rite releve de la toute puissance animiste : pouvoir de contrainte sur les vivants; l'appel des ancetres est le cri de l'angoisse du groupe. Le kabary est restitue comme figuration d'un meurtre collectif et appropriation du pouvoir de l'omnipotent dans le meme temps ou le groupe des freres y renonce en vertu de sa culpabilite. L'acte rituel figure la haine assouvie et l'amour triomphant en analogie avec l'oscillation melancolie/manie, mais selon des processus psychiques analogues a ceux de la nevrose obsessionnelle. Un lien est suggere entre les gestes rituels successifs qui repetent l'eviction meurtriere de l'omnipotent et la tentative de reconciliation avec l'omnipotent dechu et magnifie.