Les grands courants de l'éducation physique en France : analyse et comparaison de six courants au XXième siècle
| Auteur / Autrice : | Cécile Collinet |
| Direction : | Pierre Parlebas |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du sport |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 5 |
Mots clés
Résumé
Les conceptions sur l'éducation physique peuvent être considérées comme un ''kaléidoscope'' de diverses manières de voir et de concevoir son enseignement. Nous les nommons ''courants'' et c'est à eux que nous nous intéressons au XXIème siècle. Notre démarche est plurielle. Historique d'abord, elle se fixe pour objectif de rendre compte des transformations des conceptions de l'E. P. Au cours du temps et de situer ces conceptions par rapport aux caractéristiques conjoncturelles d'une époque donnée. Elle est ensuite sociologique ; nous étudions cette discipline en tant que secteur social avec son mode de fonctionnement, de production de connaissances, ses acteurs, ses jeux d'influence, ses conflits et luttes. Elle est épistémologique, enfin, puisque nous nous attachons à l'analyse de la production des connaissances dans ce domaine particulier qu'est l'E. P. Six courants sont soumis à l'étude: la gymnastique rationnelle de Georges Demen, la ligue d'éducation physique de Philippe Tissie, la méthode naturelle de Georges Hebert, le sport éducatif de la fédération sportive et gymnique du travail, la psychocinétique de Jean le Boulch, le courant de la conduite motrice de Pierre Parlebas. La question centrale est de savoir quels intérêts présentent les différents courants de l'E. P. Pour la discipline. Une analyse de contenu portant sur un corpus choisi soigneusement permet de définir trois indicateurs d'étude : un indicateur thématique (thèmes centraux abordés), un indicateur sémantique (termes privilégies par les auteurs étudiés), un indicateur référentiel (ensemble des citations). A partir de ces indicateurs les grandes tendances de chacun des courants sont déterminées et ensuite décontextualisées dans l'univers historique et sociologique afin de décortiquer les logiques de production des ''connaissances''. Enfin les courants sont comparés les uns aux autres à partir de critères de comparaison opérationnels. La comparaison aboutit à la mise en évidence des écueils de chacune des conceptions et de leurs impasses tant pour la discipline scolaire ''E. P. '' que pour son correspondant universitaire que constituent les sciences et techniques des activités physiques et sportives. Seul le courant de la conduite motrice y échappe et propose une voie différente : celle d'une véritable épistémologie productrice de connaissances nouvelles et spécifiques.