Thèse soutenue

Représentations du livre et de la lecture dans les romans français du XVIIIe siècle de Gil Blas à la Nouvelle Héloïse (1715-1761)

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Auteur / Autrice : Nathalie Ferrand
Direction : Michel Delon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris 4
Jury : Examinateurs / Examinatrices : André Magnan, Jean-François Perrin, Christiane Mervaud

Résumé

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Objet symbolique par excellence, le livre est le compagnon fidèle et le miroir de la littérature comme E. R. Curtius l'a montré. Mais quelle signification prend la présence spéculaire du livre dans les romans des lumières, siècle du « triomphe du livre » selon les historiens et époque décisive pour la reconnaissance esthétique du genre romanesque ? Croisant les interrogations des historiens sur le livre et les conditions de sa circulation au XVIIIe siècle, avec des considérations esthétiques sur la construction des univers imaginaires autour de la bibliothèque, cette étude concerne un corpus d'une centaine de romans et une cinquantaine d'auteurs, du Gil Blas de Lesage à La Nouvelle Héloïse de Rousseau. En rapprochant histoire du livre et histoire des formes littéraires, elle veut être une contribution à l'histoire des représentations. L’étude comporte aussi un aspect iconographique puisqu'une visuellement en scène la lecture, un livre ou une bibliothèque. Trois hypothèses interprétatives conduisent ce travail: 1) que les pratiques imaginaires de la lecture, telles qu'elles sont mises en scène dans les romans avec une étonnante régularité, ont accompagné le débat sur le roman lui-même et participe à l'évolution du genre et à la formulation d'une esthétique romanesque; 2) que les romanciers, répondant indirectement à la critique, non par des manifestes comme au XIXe siècle, mais par des mises en fiction du lecteur et des bibliothèques, proposent à leur manière une reconstruction du monde des lettres où le roman a sa place, selon un « ordre des livres » pourvu de modèles, de hiérarchies et de corpus 3) que la lecture représentée dans l'œuvre, forme de réception interne du roman, participe à la construction de l'objet littéraire, qu'une œuvre littéraire se construit dans la conscience du mode de diffusion qui sera le sien, de son mode d'existence auprès d'un public et de sa circulation dans une société.