La résilience d'un système spatial : l'exemple du Comtat : une étude comparative de deux périodes de crises au XIXe et au XXe siècles
| Auteur / Autrice : | Christina Aschan-Leygonie |
| Direction : | Martine Tabeaud |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géographie |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Résumé
Développée en particulier en écologie, la résilience est la capacité d'un système à intégrer une perturbation dans son fonctionnement, sans changer de structure qualitative. J'ai adapté cette notion et son cadre de référence à une problématique géographique spécifique, celle de l'étude d'un système spatial. C'est un travail avant tout théorique, mais qui est validé par une étude empirique. Les plaines du comtat forment un système dont l'organisation spatiale repose, en grande partie, sur la force structurante de l'agriculture maraichère et fruitière. Ce système a fourni un cas d'étude d'autant plus intéressant qu'il a fait l'objet de maints travaux antérieurs. Le travail consiste à comparer les réactions d'un système en réponse à deux séries de perturbations. Il s'agit de la dynamique du système lors des crises agricoles de la deuxième moitié du XIXe siècle et lors des difficultés économiques récentes. La nouvelle donne européenne a mis, en effet, l'agriculture comtadine en position défavorable, face à des concurrents plus compétitifs. Un volet important a été de s'interroger sur le rôle des propriétés systémiques fondamentales et sur celui des acteurs du système. Quelques questions ont servi de fil directeur à la thèse et ont été traitées à plusieurs niveaux géographiques. Comment interviennent l'adaptabilité du système, sa robustesse et l'instabilité de sa trajectoire, dans l'intégration des perturbations, pour que la structure macro-géographique ne se dénature pas ? Comment des réactions d'abandon, de résistance et d'adaptation au niveau individuel peuvent-elles contribuer à la résilience du système dans son ensemble ? Les résultats montrent, en particulier, que les perturbations n'ont pas systématiquement des conséquences néfastes sur un système dans sa globalité. Elles s'avèrent parfois fondamentales pour son maintien sur le long terme et une perturbation bien assimilée contribue à renforcer le système plutôt qu'à le condamner.