Thèse soutenue

Vers une logique du temps sémantique : irréversibilité, mesure-quantique et processus de la représentation

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Auteur / Autrice : Pierre Uzan
Direction : Michel Bitbol
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

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Résumé

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L'irréversibilité n'est pas une propriété intrinsèque des ''objets''-en-soi mais relève d'une théorie de la connaissance. Elle ne peut donc trouver à s'exprimer dans la conception réaliste du temps linéaire qui est sous-jacente à l'ensemble de la physique, conception selon laquelle ''passé'' et ''futur'' sont interchangeables. L'irréversibilité ne peut être ''légalisée'' que si l'on adopte la conception d'un temps relationnel constituant l'expression même du processus inter-subjectif de la représentation. Considérant, à partir des analyses de Bohr, l'opération de mesure dans le domaine quantique comme paradigme d'acte sémantique, nous élaborons d'abord une théorie du temps ''quantique'' où ce dernier est définie comme le processus d'enregistrement et de traitement, par la mémoire inter-subjective de l'observateur impersonnel, de l'''information'' obtenue par des mesures. Dans les modèles arborescents de la théorie du temps quantique où la relation d'antériorité temporelle est définie à partir de la relation d'ordre partielle sur l'ensemble des états de la mémoire (les ''instants'' du temps quantique), l'irréversibilité peut alors trouver son expression : d'une part, grâce à l'anisotropie de ses modèles; d'autre part, en ce qu'une évaluation complète des quantités d'information nécessaires pour prédire l'évolution d'un phénomène est rendue possible. En outre, la notion de ''mesure du temps'' acquiert sa pleine signification: la notion de ''durée caractéristique d'un phénomène'' peut être interprétée de façon tout à fait universelle en terme de quantité d'information. Nous proposons enfin une généralisation de cette théorie : les actes sémantiques sont alors modélisés comme des ''actes de langage'' réalisables à l'aide d'une hypothétique ''langue'' universelle des signifiants humains; alors que notre univers symbolique est modélisé comme un ''texte'' écrit avec cette même ''langue''. Une ''de-anthropisation'' du processus de la représentation est aussi proposée. Nous ébauchons une esquisse de théorie du temps sémantique où ce dernier constitue l'expression générale du processus de la représentation. C'est à dire du processus de la connaissance du sujet, vide de tout contenu empirique et conçu de façon purement formelle comme l'ensemble des conditions de possibilité de ''connaitre'', et du sens, dont l'état est modélisé comme un ''texte'' universel écrit avec une ''langue'' archétypale.