Thèse soutenue

Musiciens et instruments a vent de type tibiae dans le theatre a rome du troisieme siecle avant j. -c. Au deuxieme siecle apres j. -c

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Auteur / Autrice : Valérie Péché
Direction : Annie Bélis
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Musicologie
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris, EPHE

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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A rome, l'espace scenique est concu comme un espace musical dont l'element moteur est le joueur de tibia, le tibicen. Tous les temoignages ecrits et figures sont la pour le rappeler : depuis l'introduction du theatre a texte (comedies et tragedies traduites du grec) par livius andronicus, en 240 avant j. -c. , a l'avenement des spectacles musicaux et orchestiques (mime et pantomime) sous l'empire, c'est toujours lui qui accompagne les acteurs. Contrairement a ce qui est communement admis, la tibia n'est pas une flute mais un instrument a anche complexe. L'etude conjointe des vestiges decouverts a pompei, a herculanum, et des pieces de provenance inconnue, conservees dans les musees italiens, permet de mieux comprendre le fonctionnement, le jeu et les caracteristiques musicales de l'instrument. Replace dans son contexte socioculturel, la tibia devient le temoin evocateur de l'evolution du gout theatral des romains. Instrument soliste de la comedie et de la tragedie, auxquelles elle prend part pour accompagner les cantica, soulignant musicalement les etapes successives de la representation et accentuant le caractere des personnages, la tibia devient, avec le mime et la pantomime, un instrument d'orchestre charge de soutenir les choeurs et de marquer rythmiquement les pas et la gestuelle des acteurs devenus danseurs. Plus concretement, la musique de scene, dans la periode qui s'etend de l'an 240 avant j. -c. A la fin du regne des antonins, se caracterise par un enrichissement general des moyens : le tibicen unique des premiers temps du theatre se fond dans la masse des musiciens d'orchestre qui se regroupent en associations professionnelles (collegium scabillariorum) ; de nouvelles specialites (scabillarii) et fonctions musicales (protaules, hypaules) sont creees. L'image meme du tibicen change : d'artiste anonyme, oeuvrant dans l'ombre des acteurs, il devient une vedette adulee par le public. La musique de scene a rome, loin de n'etre qu'une pale copie de la musique grecque, a su innover et s'affirmer dans son domaine. Avec les progres accomplis dans la facture instrumentale et l'apparition de spectacles d'un nouveau genre, toujours plus axes sur la musique, il s'est peu a peu constitue un repertoire ad hoc et proprement latin ; c'est precisement de cette vitalite que la tibia porte temoignage.