Thèse soutenue

Les clients des Saints : Maladie et quête du miracle à travers les procès de canonisation de la première moitié du XVIIE siècle en France

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Albrecht Burkardt
Direction : Dominique Julia
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1998
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Mots clés

FR

Résumé

FR  |  
EN

Avec la montée de la Contre-Réforme, la France fut envahie, dans la première moitié du XVIIe siècle, par un véritable + climat miraculeux ; (H. Platelle). Ce climat était répandu par le renouveau de sanctuaires traditionnels, ainsi que par des intercesseurs vivants et par les cultes qu'on leur rendait après leur mort ; il allait de pair avec une nouvelle exaltation de la sainteté. Pour ce qui est des personnages charismatiques fondateurs de la reconquête catholique, ce dernier phénomène a laissé des traces certaines : des vies et, dans certains cas, des procès de canonisation-sources qui ne sont pas sans failles, mais qui représentent, a l'égard du miracle, une documentation précieuse : les témoignages portant sur ce sujet sont les seules sources à nous informer de façon plus approfondie sur les réactions + populaires ; face au phénomène d'une sainteté récente. De même, ces récits permettent d'analyser de plus près la réception de la Fama du saint par les fidèles en quête du miracle, ainsi que cette quête elle-même dans ses étapes constitutives, depuis l'expérience de la maladie (motif de loin le plus fréquent de l'invocation du saint) jusqu'au moment du miracle. Les différents aspects ont été abordés a partir des procès de j. -b. Gault, de marie de l'incarnation (Mme Acarie) et de François de Sales (miracles d'Orléans). Si les trois vagues de miracles documentés dans ces procès (conservés aujourd'hui aux archives du Vatican) obéissent chaque fois à une logique différente, le public de dévots est assez homogène : surprend surtout la forte présence de jeunes femmes aussi bien parmi les témoins que parmi les miraculés. Ces femmes sont atteintes des maladies les plus curieuses (enflures, paralysies, + mélancolies ;). En revanche, les mécanismes de la guérison ne différent guère selon les miraculés. Tous vivent leur maladie comme un processus de dépossession de soi, processus à la fin duquel seulement, le mal ayant assis son règne dans le corps, peut intervenir le sacre.