Aux origines de la celtomanie : les mythes fondateurs de la Bretagne
| Auteur / Autrice : | Joseph Rio |
| Direction : | Yann-Ber Piriou |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études régionales. Etudes celtiques |
| Date : | Soutenance en 1997 |
| Etablissement(s) : | Rennes 2 |
Résumé
Cette thèse étudie les oeuvres et le contexte politico-culturel qui ont produit, en Bretagne, du IXe au XIXe siècle, la trojanomanie et la celtomanie. Ces mouvements d'idées expriment la quête des bretons de leurs origines. Vers les IXe - Xe siècles, deux légendes fondatrices apparurent : l'une affirmait que les bretons étaient les descendants des troyens, l'autre que le royaume armoricain avait été fonde par Conan Mériadec. Cette construction historico-littéraire était d'origine savante. La première reposait sur Brutus qui aurait fonde le royaume breton dans l'ile de Bretagne, l'autre sur Conan Mériadec qui, en compagnie de maxime, aurait conquis l'Armorique et l'aurait peuple de bretons venus de l'ile. Brutus, descendant d'Enée, synthétisait les données culturelles de trojanité et de romanité. Conan Mériadec synthétisait celles de romanité et de bretonnité. Des enjeux politiques et culturels se masquaient derrière cette construction historique '' épique '' qui servit le pouvoir royal et ducal. La classe dirigeante avait besoin de légitimer son pouvoir, de se positionner face aux nations concurrentes. Ce mythe bicéphale fonctionna jusqu'au XVIe siècle. Il ne fut plus opérationnel a la renaissance (reforme, naissance des états-nations, essor d'une histoire critique). D'autres exigences obligèrent les bretons a inventer de nouvelles représentations d'eux-mêmes. La celtomanie relaya alors la trojanomanie. Mais cette mythomanie bretonne se développa surtout au XVIIIe siècle. Elle se batit principalement sur la langue celto- bretonne que parlaient les bretons, '' derniers rejetons des gaulois ''. Cette langue antique prouva sa parente avec l'he��breu, le grec, le latin et l'allemand. Ainsi, promu, avec une certaine extravagance, proche parent - voire '' langue-mère '' - des langues les plus nobles, il renforça le particularisme identitaire des bretons. L'invention de la bretonnité du XIXe siècle est née de cette celtomanie