Thèse soutenue

Le sentiment du sujet : l'interpretation de la subjectivite de sentiment chez kant et schleiermacher

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Auteur / Autrice : Denis Thouard
Direction : Jean-François Courtine
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris 10

Résumé

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Le sentiment, etant sentiment de plaisir et de peine, est d'emblee marque par une ambiguite : le sujet y est passif et actif a la fois. A ce titre, il suggere une possibilite de mediation entre les dimensions theoriques et pratiques de la subjectivite. Montrer la consistance d'un concept de subjectivite de sentiment, et faire apparaitre sa presence au sein d'une histoire complexe de la subjectivite, definit l'enjeu et la pertinence philosophique de cette these. La premiere partie, ''kant et la critique du sentiment'', retrace le cheminement de kant jusqu'a l'elaboration du concept de sentiment pur. A travers l'analyse du respect, d'abord presente comme l'unique sentiment ''pur'', kant degage un rapport a soi non cognitif, ou le sujet s'affecte de sa propre representation. La critique de la faculte de juger, qui generalise cette structure au jugement de gout dans son ensemble, prend directement en compte la subjectivite. De meme qu'elle opere une mediation entre les domaines de la nature et de la liberte, elle accomplit une reunification de la figure du sujet theorique et pratique depuis le sentiment. Nous la comprenons donc comme une auto-reflexion de l'activite critique. La seconde partie, ''le sujet de sentiment : la subjectivite finie chez schleiermacher'', etudie l'approfondissement du concept de sentiment chez schleiermacher, qui l'a place au centre de sa philosophie. En rupture avec kant, il pense le sentiment non pas a partir de la structure d'une subjectivite autonome, mais depuis l'experience premiere d'une dependance. Le sentiment est compris ainsi comme ''conscience immediate de soi'', ou les dimensions de la facticite et de la reflexion sont etroitement liees. Cette conception, qui s'articule aux differents ordres de la rationalite, prend a revers l'idealisme allemand, en refusant la possibilite de penser un sujet absolu.