Morphologie et traitement du langage parlé

par Fanny Meunier

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Juan Segui.

Soutenue en 1997

à Paris 5 .


  • Résumé

    Mes recherches s'inscrivent dans le cadre des études sur l'accès au lexique en présentation auditive. Elles visent à établir le statut, au sein de ce lexique, des mots morphologiquement complexes, ainsi que la nature de traitement qui leur est applique pendant les procédures d'accès. Les mots morphologiquement complexes (ex : re-coudre, lait-age. . . ) Posent des problèmes de leur représentation (sous quelle forme ces mots sont-ils représentes dans le lexique mental ?). Dans les recherches réalisées dans le cadre du doctorat nous avons abordé ces deux points. Nos expériences ont mis en évidence des différences de traitement entre les deux types de mots dérivés : les mots préfixes et les mots suffixes. Dans un premier temps nous avons établi que les mots préfixes étaient traites de façon continue de gauche à droite comme des mots monomorphémiques, sans subir une décomposition prélexicale. Nous avons également montré que les membres suffixes d'une même famille morphologique (mots partageant une racine comme "laitier", "laitage". . . ) Partagent une même entrée lexicale et sont organisés sur la base de leur fréquence relative. La reconnaissance d'un membre suffixe d'une famille morphologique est donc fonction de sa "place" dans la hiérarchie de sa famille. Ces expériences ont été réalisées en utilisant une tache de décision lexicale avec présentation auditive des mots. Dans un second temps, et afin d'établir les liens existant entre les différents membres d'une famille morphologique, nous avons utilisé un paradigme d'amorçage intermodal avec présentation auditive de l'amorce et une décision lexicale sur la cible présentée visuellement. Nous avons ainsi établi l'existence de liens entre les différents membres d'une même famille (racine - préfixe - suffixe). L'ensemble de ce travail nous permet d'apporter des informations concernant le traitement et le type de représentation lies aux mots morphologiquement complexes. Dans la dernière partie de la thèse, nous proposons un modèle interprétatif permettant de rendre compte de l'ensemble de nos résultats. Nous soumettons également des expériences à réaliser afin de préciser cette interprétation.

  • Titre traduit

    Morphology and spoken word recognition


  • Résumé

    A major issue in the study of human language concerns the way the stored representations of words are accessed during speech processing. The research work i have carried out so far approaches this question through the special case of morphologically complex words (e. G. , 'undo', 'asymmetry'). Because of their structure, these words allow clearer insight than the monomorphemic ones into the nature of representation and retrieval processes within the 'mental lexicon'. More specifically, we raised two critical questions: (a) how is morphological structure represented mentally? And (b) how are polymorphemic words accessed during spoken language recognition? The experiments i conducted within my ph d have shown that there are both representational and processing differences between derivationally prefixed (e. G. , distrust) and suffixed forms (e. G. , trustful) the first series of experiments used a lexical decision task, performed on auditorily presented words. Our results clearly suggests that prefixed words, just like monomorphemic items, are processed in a temporally continuous way ('from left to right'), that is, without prelexical decomposition (i. E. , without words being broken down into their constituent morphemes prior to lexical access). The processing of suffixed words, on the other hand, is influenced by the rest of their 'morphological family'. All suffixed relatives of a stem are listed fully within their stem's lexical entry, and the place they occupy within this list depends on their frequency (the most frequent ones coming 'on top'). Thus, the speed with which a suffixed form is accessed will depend on its 'place' within its family. A second series of experiments used a cross-modal priming paradigm (an auditory prime was immediately followed by the presentation of a visual target, on which subjects performed a lexical decision). These experiments showed that there exists between all three member types (stem, suffixed and prefixed forms) links of a purely morphological nature (that is, other than purely semantic or formal). All these experiments give keys concerning the way morphological complex words are treated and concerning their representations format. In the last part of our work, we proposed a model that take all our results into account.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (259 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 224-236

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  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : T 97 MEU
  • Bibliothèque : Université Paris Descartes-Bibliothèque de psychologie Henri Piéron (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Service commun de documentation.
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  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TMC 6750
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