Thèse soutenue

Ernest Renan et l'Orient : ambigüité d'une relation passionnée

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Auteur / Autrice : Samar Majaes Abdel Nour
Direction : Dominique Chevallier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris 4

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Ernest Renan (1823-1892) découvre l'Orient dans le cadre d'une mission archéologique en Phénicie que l'empereur Napoléon III lui a confiée. Facilitée par la présence de l'armée française au Liban, cette mission permet à Renan de collaborer dans la politique française extérieure comme elle répondait à son désir caché de visiter la Palestine avant de rédiger sa Vie de Jésus. Renan, qui avait décidé d'arrêter ses études cléricales, se spécialise dans les langues sémitiques et orientales pour mener une étude critique des textes bibliques basée sur l'analyse philologique. Tout en étudiant ces langues, il acquiert une profonde connaissance des peuples sémitiques, de leurs littératures et de leurs philosophies. Cependant, dans toutes ses études sur les sémites, Renan part d'un sentiment racial profond opposant toujours les indo-européens aux sémites. Il mène contre les musulmans, les meilleurs représentants actuels du sémitisme à ses yeux, une des guerres les plus acharnées. Une double approche de Renan sur l'Orient suscite une double réaction chez les arabes et les musulmans. En effet, l'image défigurée qu'il a donnée de l'Orient sémitique a provoqué une réaction fondamentaliste islamique, tandis que les bonnes relations avec les maronites du Liban ont formé un facteur décisif dans l'affirmation d'une identité chrétienne libanaise propre basée sur le passé phénicien. Et loin de ces deux réactions religieuses, l'émergence d'une pensée laïque moderne fut elle aussi l'une des conséquences de la pensée renanienne.