L'intellectualisme de Saint Augustin à Cassiciacum : étude des trois premiers dialogues
| Auteur / Autrice : | Sophie Dupuy Trudelle |
| Direction : | Gilbert Romeyer-Dherbey |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance en 1997 |
| Etablissement(s) : | Paris 4 |
Résumé
Au cœur des conjectures sur les composantes doctrinales de la conversion de saint Augustin. Les premiers textes sont souvent mis à contribution. Inversant le sens de l'intérêt qui leur est porté, notre étude les considère comme des fins en soi. Concentrée sur le ''tryptique'' de Cassiciacum (Contra academicos, De beata vita, De ordine), elle tente de remonter jusqu'à l'expérience intérieure qui donne sens aux différentes références qui l'irriguent. Cette méthode, écartant la tentation de l'interprétation rétrospective, et prenant les textes dans leur intégralité. Fait apparaitre un intellectualisme dans lequel les premiers pas de saint Augustin vers le catholicisme prennent leur sens. On ne trouve pas seulement dans le Contra academicos une lecture historique ramenant le scepticisme académicien au platonisme. Et le platonisme au christianisme. Une argumentation très serrée y reçoit son couronnement dans l'émergence d'une analyse de l'esprit comme acte. Que cette affirmation de l'esprit s'adosse à une exigence d'ordre ontologique est clair dès le De beata vita. Mais celle-ci est comprise à partir de l'expérience raisonnable elle-même, en vertu de la réciprocité de l'être et du vrai, qui donne son contenu aux premières analyses dites ''trinitaires'' d'Augustin. Le De ordine, appuyé sur la transposition néoplatonicienne du dynamisme stoïcien de la substance, confirmera l'importance de la rationalité dans l'accès de l'âme à Dieu. A Cassiciacum, l'effort raisonnable est le creuset de la visée éthique et ontologique : il suppose détachement du sensible et restauration essentielle. L'affirmation de la dépendance ontologique n'est pas incompatible avec l'optimisme intellectualiste. Ancre dans l'expérience de la réalité et des pouvoirs de l'âme, symbolise par la figure antique du sage, c'est bien lui qui préside à l'élévation vers dieu.