Thèse soutenue

Patrons et mécènes au Grand siècle : les princes de Condé (1630-1709)

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Auteur / Autrice : Katia Béguin
Direction : Daniel Roche
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Henri II de Bourbon a initié un changement capital pour son lignage : le rebelle de la régence de Marie de Médicis est devenu un auxiliaire de Richelieu et du pouvoir monarchique. Cette coopération, assortie d'une mutation des recrutements clientelaires, s'est traduite par un enrichissement colossal et une influence croissante sur les décisions de l'Etat. Son fils, le grand Condé, entendait bien accroitre ce capital de prestige et de puissance sous la régence suivante, en contrepartie de ses services militaires. Mais il se heurta aux prétentions rivales du cardinal Mazarin, presse d'asseoir sa propre autorité dans le royaume. Cette opposition dériva peu à peu vers un affrontement qui poussa le prince, après bon nombre de ses parents, du côté des frondeurs, qui regroupaient pourtant la plupart des ennemis politiques traditionnels de sa famille. Le parti condéen fut donc un assemblage hétéroclite et instable, qui se désagrégea rapidement. Mais après sept années passées au service de l'Espagne, le grand Condé retrouva le réseau d'alliés et de clients édifiés par son père. Il cultiva cette continuité, qui se fondait aussi sur l'auto-reproduction et la fermeture relative du milieu des protégés, intéressés à garder et à transmettre des traditions de service qui profitaient à l'ensemble des leurs. Car le prince et son fils Henri-Jules ont su garder un pouvoir de patronage important dans la seconde moitié du siècle. Le mécénat du grand Condé fut l'un des rares à conserver un attrait puissant à l'heure de la centralisation artistique voulue par Colbert. Cet ascendant s'explique par son caractère éclaire et sa capacité à soutenir les talents ignorés ou refusés par la censure. La protection des clients prit aussi un aspect défensif et s'exerça notamment dans les domaines judiciaires et fiscaux. Dans le gouvernement de bourgogne, l'autorité intacte des deux princes a permis le maintien de la tutelle quelque peu prédatrice que Henri II de Bourbon avait imposée à ses administrés.