Thèse soutenue

Espace public et oeuvre d'art : Schiller, Heidegger, Arendt

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Auteur / Autrice : Brigitte Leduc
Direction : Dominique Janicaud
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Nice

Résumé

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Action et poésie sont le plus souvent inconciliables. Néanmoins, on ne pourrait imaginer qu'une cloison étanche se dresse entre elles. Au contraire, on tend à chercher entre elles un rapport équilibré en vertu d'une sagesse englobante, dépassant les vues parcellaires. A l'origine, la philosophie était féconde justement parce qu'elle se présentait comme une formation à cet équilibre harmonieux et concret de l'être. Rien ne paraît plus nécessaire pour notre monde que de raviver cet idéal grec de mesure et d'éducation. Il se profile aujourd'hui sur le fond de l'appartenance entre être et rationalité. C'est ce que l'on trouve lorsque Heidegger et Schiller se confrontent sur la question de l'art et de l'éthique. Chacun peut représenter un pôle extrême de cette entre-appartenance. Le premier formule un idéal d'harmonie analogue à celui des classiques et surestime ainsi le lien entre art et rationalité pratique. Le second épure cet idéal de ces excès, où subsistent les illusions métaphysiques de la volonté, et accentue plutôt la disjonction entre art et action. Or, Arendt montre qu'en cette matière la pensée heideggérienne tend à se replier sur elle-même, pour se retourner et virer en son contraire : en une nouvelle volonté de maîtrise fermée à l'être. « L'habitation poétique » heideggérienne doit donc pouvoir se traduire, non pas directement, mais avec jugement, dans les termes de la rationalité pratique. Cette formation nécessaire du jugement rappelle ainsi l'idéal de Schiller, mais, cette fois, en laissant son idéal osciller entre les extrêmes. Il témoigne ainsi par lui-même de l'équilibre que la modernité est condamnée à rechercher, elle qui a laissé place à tous les excès