Thèse soutenue

La permanence morisque en Espagne après 1609 (discours et réalités)

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : François Martinez
Direction : Louis Cardaillac
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études romanes. Espagnol
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Montpellier 2

Résumé

FR  |  
EN

La permanence morisque reste encore aujourd'hui une question en suspens. Les difficultes liees aux sources rendent difficile toute affirmation definitive. Elle fut neanmoins reelle. Mais l'interet n'est pas seulement de savoir dans quelles proportions les morisques etaient restes en espagne apres l'expulsion. Definir les conditions qui ont permis cette presence doit rester, dans l'esprit des historiens, une priorite. Qui etaient-ils, combien etaient-ils, ou etaient-ils, comment avaient-ils pu echapper a l'exil? ces interrogations sont primordiales, mais il faut aussi nous interroger sur les aspects structuraux de la permanence. Notre etude des discours et des representations a eclaire les structures qui avaient determine l'expulsion et la permanence morisque. A travers l'analyse des mecanismes discursifs de ces dernieres, nous avons pu mettre en lumiere les aspects ideologiques du probleme. Les structures discursives presentees dans notre travail soulignent les contradictions du probleme morisque en general et plus particulierement a cette periode. Parmi les figures qui prefiguraient toute approche du morisque, citons la vision de l'unicite, la multiplication, la duplicite, le chatiment divin. Mais dans le meme temps venaient se greffer sur ces elements d'autres representations emanant d'autres pratiques, telles les oppositions conceptuelles general/particulier, spirituel/temporel, ou encore les notions juridiques de la suspicion, la culpabilite, l'aveu ou la preuve. Grace a l'etude des differentes categories exemptes de l'expulsion, nous avons pu mesurer combien ces structures discursives conditionnaient la permanence. Ces dernieres avaient delimite les contours d'un morisque assimilable. La femme, l'enfant, l'esclave et le bon chretien se voyaient assigner une place specifique dans la societe chretienne: celle d'un morisque soumis, sur lequel pesait encore implicitement le poids de ses origines.