Thèse soutenue

Le Don des larmes : un instrument spirituel en quête d'institution (Occident médiéval, Ve - XIIe siècles)

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Auteur / Autrice : Piroska Nagy-Zombory
Direction : Alain Boureau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences des religions
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le christianisme medieval appelle don des larmes la capacite de pleurer pour des raisons religieuses (essentiellement en priere et en penitence), consideree comme la preuve de la grace divine, preuve d'une communication directe avec dieu. Ce travail, qui etudie l'invention et le developpement du don des larmes des debuts du christianisme jusqu'a son epanouissement occidental au xi-xiie siecle, porte sur les modalites d'elaboration d'une grace consistant a pleurer, sur les conditions - spirituelles, ascetiques, anthropologiques - permettant a cette grace de prendre une importance theorique et pratique, ainsi que sur ses limites. Le chapitre 1 decrit le don des larmes a l'aube de son apogee occidentale dans les ecrits de deux auteurs du xie siecle, jean de fecamp et pierre damien. Le chapitre ii cherche aux origines du christianisme et de l'ascetisme chretien, (bible et moines du desert egyptien) les raisons et les ebauches de la valorisation des larmes. Le chapitre iii examine l'inscription du discours sur les pleurs dans l'anthropologie chretienne occidentale des ive et vie siecles (augustin, jean cas si en et gregoire le grand ; hagiographie et regles monastiques). Le chapitre iv analyse la bifurcation religieuse et anthropologique entre l'orient et l'occident chretiens, dans le domaine des larmes. En effet, les textes spirituels orientaux du haut moyen age integrent le don des larmes d'une maniere articulee aux moyens de perfection spirituelle. En occident, il faut attendre les xi-xiie siecles pour percevoir une reelle valorisation des pleurs en tant qu'un instrument spirituel. Le chapitre v emet des hypotheses sur les conditions et les raisons de cette nouvelle perception des larmes. Pour saisir les conditions et les limites de la fortune des larmes en occident, le chapitre vi etudie le traitement des pleurs au xiie siecle : les cisterciens mettent les larmes en faveur, alors que les victorins les negligent.