Thèse soutenue

Étude des relations entre un peuplement animal et la végétation : impacts du chamois, du chevreuil et du mouflon sur les peuplements forestiers dans la réserve nationale de faune sauvage et de chasse des Bauges (Savoie)

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Auteur / Autrice : Géraldine Babad
Direction : Jean-François Dobremez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences biologiques et fondamentales appliquées. Psychologie
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Chambéry

Résumé

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Les populations d'ongulés augmentent depuis quelques dizaines d'années dans les zones de montagne, intensifiant ainsi leur utilisation du milieu forestier, en particulier pour leur alimentation. Or la régénération dans les peuplements d'altitude est souvent lente et parfois difficile, et elle peut être compromise par la présence des ongulés. L’impact de trois especes : le chamois (rupicapra rupicapra), le chevreuil (capreolus capreolus) et le mouflon (ovis gmelini musimon) sur les peuplements forestiers et leur régénération a été suivi dans une zone préalpine de moyenne altitude (massif des bauges). - le suivi de semis marqués a montré que la végétation ligneuse était sollicitée en hiver mais aussi au printemps. - l'analyse des contenus stomacaux d'animaux prélevés à la fin de l'automne et en hiver a permis de préciser la consommation ligneuse et les proportions d'espèces sylvicoles (en particulier de sapin abies alba) dans le régime alimentaire de chacune des trois espèces animales. L’influence de l'enneigement sur l'alimentation des ongulés a été ainsi clairement mise en évidence. En période enneigée, chacune des trois espèces d'ongulés consomment des espèces ligneuses, et en particulier du sapin. Mais le chevreuil recherche activement la ronce alors que le chamois et le mouflon se nourrissent préférentiellement de graminoïdes, ainsi que de diverses dicotylédones pour le chamois. - une mesure complémentaire a mis en évidence la faible disponibilité en espèces ligneuses et semi-ligneuses en période de fort enneigement. Dans le cortège d'espèces consommées, la flore accompagnatrice (espèces non sylvicoles) apparait essentielle, même si sa faible disponibilité lui confère une part minime dans le régime de chacun des ongulés. - les conditions écologiques apparaissent déterminantes à la fois pour la régénération du sapin et pour l'impact des trois espèces d'ongulés sur cette régénération. La déficience observée dans l'une des stations est accentuée par la présence des espèces étudiées. Les conséquences en terme de gestion et les perspectives de recherche ont été évoquées.