Les Peuplements ichtyologiques récifaux des Antilles. Distribution spatiale et dynamique temporelle
| Auteur / Autrice : | Yolande Bouchon-Navaro |
| Direction : | Désiré Bullière |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences biologiques et fondamentales appliquées. Psychologie |
| Date : | Soutenance en 1997 |
| Etablissement(s) : | Antilles-Guyane |
Résumé
L'objectif de ce travail est d'une part, d'étudier la distribution spatiale des poissons de récif dans les Antilles et d'autre part, d'analyser la nature et les causes des fluctuations temporelles qui peuvent affecter ces peuplements ichtyologiques. L'analyse spatiale de l'ichtyo faune des Antilles a été réalisée grâce à 248 relevés d'ordre qualitatif effectues dans différentes iles de l'arc antillais, depuis la surface jusqu'à 55 m de profondeur (Saint-Domingue, Anguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guadeloupe, Martinique et grenadines). Cette première partie de l'étude a mis en évidence l'existence d'une structuration de la faune ichtyologique (228 espèces) selon le type de fond : un peuplement de poissons vivant sur les fonds meubles (herbiers de phanérogames, fonds sableux ou fonds de nodules de cora linacées) et un peuplement vivant sur les substrats durs (zones récifales). Ces communautés sont ensuite séparées en fonction de la profondeur, avec un peuplement vivant entre 0 et -5 m et un autre entre -6 m et -55 m. Enfin, une séparation d'ordre géographique dans la communauté vivant en deca de 10 m de profondeur a pu être constatée, la Guadeloupe constituant la zone de séparation entre les faunes ichtyologiques des régions nord et sud des iles antillaises. L'étude de l'évolution temporelle des peuplements ichtyologiques a été réalisée à l'ilet pigeon (Guadeloupe) grâce a des relevés quantitatifs de poissons effectues selon un pas de temps régulier sur une période de 45 mois. Le peuplement ichtyologique de la zone récifale étudiée (115 espèces appartenant à 36 familles) est dominé par un nombre relativement faible d'espèces résidentes qui représentent la quasi-totalité des effectifs et la majorité de la biomasse en poissons de la zone. Ce récif représente aussi un lieu de passage pour de nombreuses espèces d'occurrence rare (< 25 % des relevés) qui contribuent à la diversification de la communauté. L'examen de l'importance relative des différents groupes trophée que par rapport à l'ensemble du peuplement a révèle que celui-ci était domine par les poissons carnivores au sens large, aussi bien en nombre d'espèces qu'en effectifs et biomasse. L'analyse des données recueillies pendant quatre ans n'a pas permis de mettre en évidence de tendance générale croissante ou décroissante bien marquée des descripteurs biologiques du peuplement (richesse spécifique, effectifs, biomasse) ni de changement notable dans la composition et la structure de la communauté ichtyologique sur cette période. En revanche, la recherche de phénomènes cycliques à l'aide de periodogrammes de contingence a montré que le peuplement ichtyologique était soumis à des cycles de fluctuations, de nature surtout saisonnière. La biodiversité du peuplement est en général plus élevée pendant la saison chaude que pendant la saison fraiche. Les résultats d'analyses des redondances et d'analyses canoniques des correspondances effectuées sur les données ont montré que le premier facteur écologique influençant les variations temporelles de la communauté est la photopériode et le deuxième, la température de l'eau. Ces facteurs représentent également les principaux descripteurs écologiques expliquant les fluctuations des populations de juvéniles. Celles-ci reflètent la variabilité globale de la communauté. Parmi les autres variables environnementales mesurées, le courant joue également un rôle dans la structure du peuplement. Enfin, la faune ichtyologique présente également des variations de courtes périodes selon un cycle semi-lunaire. D'autres facteurs, comme la houle et la transparence de l'eau, ont une influence mineure sur les variations temporelles observées. Ainsi, le peuplement ichtyologique apparait stable sur une longue période et essentiellement affecte par des fluctuations cycliques contrôlées par les variations des facteurs écologiques. .